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Un hiver à oublier pour Pascale Jeuland

Après une coupure de plusieurs semaines, Pascale Jeuland vient de renouer avec la compétition et la victoire. Apaisée et reposée, la sprinteuse se montre ambitieuse pour la suite de la saison tant sur la route que sur la piste.

« Après les championnats du Monde sur piste en février, j’étais épuisée. Je n’avais pas réellement coupé depuis près de deux ans et depuis le mois de novembre, je n’avais jamais pu me poser chez mois trois jours de suite. J’étais arrivée à saturation et j’avais besoin de prendre mes distances avec le monde du vélo. » Pascale Jeuland ne se cache pas au moment d’évoquer son début de saison. Eloignée des pelotons pendant de longues semaines, elle en a profité pour recharger les batteries, pour se reposer « physiquement et psychologiquement ».

La fin de saison avait, il est vrai, été rude pour elle. Déjà écartée des Jeux Olympiques de Londres sur une décision de la Fédération, elle n’a pas été non plus été sélectionné sur l’omnium pour ceux de Rio cet été. « On ne peut pas comparer, relève la membre de l’équipe Poitou-Charentes Futuroscope 86. Quand Steven Henry, le responsable de l’endurance en équipe de France, m’a demandé au printemps dernier de m’entraîner sur l’omnium, je savais que ce serait compliqué, ça faisait trois ans que je n’avais pas fait d’effort de sprint. Laurie Berthon était peut-être un peu en difficulté à ce moment-là mais elle était en place. Je voulais jouer le jeu car on ne peut pas refuser une sélection mais j’ai dit oui en étant sceptique. » Malgré une huitième place en Nouvelle-Zélande lors d’une manche de coupe du Monde et trois records personnels battus, Pascale ne sera finalement que remplaçante de Laurie Berthon à Rio. « Je n’ai pas de regrets. Laurie a bien progressé cette année et sa place n’est pas contestable. » Deuxième des derniers championnats du Monde, Laurie Berthon pourrait même décrocher l’or à Rio.

Malgré sa déception, Pascale n’a pas pour autant tourné le dos à la piste. Elle participait la semaine dernière à un stage avec l’équipe de France à Saint-Quentin-en-Yvelines et lorgne déjà sur les championnats d’Europe de la discipline qui se dérouleront à l’automne sur le vélodrome francilien. Avant cela, les championnats du Monde sur route au Qatar pourraient lui convenir à merveille. « C’est l’objectif de la saison, confirme l’intéressée. C’est tout plat, c’est un parcours que j’affectionne. » Il lui faut alors remettre la machine en route après plusieurs semaines de coupure. « J’ai repris le week-end dernier. Je manque encore un peu de puissance mais je ne suis pas complètement à la rue. Je n’ai pas la grosse pate comme avant ma coupure où je n’avais pas de sensations. Je me sens mieux, reposée, ça va vite revenir. » Sa victoire ce week-end à Créon suivie d’une deuxième place le lendemain lors d’une manche de coupe de France à Mérignac l’atteste, la forme revient viteElle s’envole pour la Chine mardi pour y disputer deux épreuves avec son équipe puis envisage de participer au Women’s tour en Grande-Bretagne début juin, course par étapes dont elle avait pris la neuvième place en 2015.

Son programme de courses, elle l’a élaboré avec son équipe mais aussi avec son entraîneur depuis l’été dernier, Fabien Aoustin. « Je l’ai rencontré en équipe de France piste, raconte-t-elle. Je voulais un entraîneur qui sache gérer route et piste et ça ne m’intéressait pas d’avoir quelqu’un uniquement axé sur l’aspect sportif et technique. » Avec Fabien, elle a trouvé l’oreille à qui se confier quand tout ne tourne pas rond. « On peut discuter avec lui et même quand je ne dis pas forcément ce que je ressens, il perçoit les choses. Cet hiver, parfois j’étais au fond du trou et il s’avait s’adapter alors que généralement, dans ce genre de situations, les entraîneurs sont plutôt ‘vas-y, bouge-toi’. Fabien m’a bien cerné et sait comment je fonctionne. »

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