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« Nous avons appris ensemble et nous continuons de progresser ensemble »

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Quelques jours avant le début d’un Tour de France 2016 pour lequel Bryan Coquard nourrit de réelles ambitions. Le coureur de Direct Energie et son entraîneur Fabien Aoustin se sont retrouvés pour une discussion à bâtons rompus sur l’entraînement, leur manière de s’améliorer ensemble, leur relation et leur travail au quotidien.

Bryan, comment expliques-tu ta progression assez impressionnante entre cette saison et la précédente ?

Bryan : C’est un tout. J’arrive à maturité, je progresse d’année en année, je m’entraîne de plus en plus aussi. Je suis bien dans ma tête, plus sérieux dans ma vie.

Tu t’entraînes donc plus que les années précédentes, mais est-ce que tu t’entraînes mieux ?

Bryan : Je m’entraîne plus mais je ne peux pas m’entraîner mieux. Un « 30-30 », je le fais quinze fois mais je ne peux pas le faire cinquante fois. J’étais déjà à la pointe niveau qualitatif et ce qui me manquait pour être sur le final des courses comme l’Amstel Gold Race ou les championnats de France dernièrement, c’est l’accumulation des charges de travail. Pour passer un cap, il fallait monter de niveau sur tous les domaines. J’ai plus roulé cet hiver. Après ma fracture de l’omoplate, j’ai été obligé de travailler hyper dur pour revenir. Là, j’ai beaucoup enchaîné les heures d’entraînement à la maison.

Ça a presque été une bonne chose cette blessure ?

Bryan : J’aurai quand même préféré faire Paris-Nice. Avec un Paris-Nice dans les pattes, la saison aurait encore pu être meilleure. En tout cas, ça m’a permis de faire des gros blocs de travail à cette période-là et ça a payé à l’Amstel et sur le reste de la saison.

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Y’a-t-il des exercices qui t’ont fait progresser en particulier ?

Bryan : C’est difficile à dire. Il n’y a pas beaucoup de changement par rapport aux saisons précédentes. C’est l’accumulation des saisons qui fait que je prends de la force. La charge d’entraînement en volume est aussi plus importante.

Fabien : La séance « force moto » lui a permis de franchir un palier.

Bryan : Oui, mais on la faisait déjà avant.

 

Fabien : C’est vrai, mais c’était moins récurrent. Tu as fait cette séance deux ou trois fois par semaine sur certaines périodes alors qu’on le faisait quatre fois par mois avant. Sur les évaluations de « force vitesse », nous savons que tu as progressé, mais j’ai senti que ça t’a fait progresser juste en te regardant derrière la moto : ton attitude mais aussi la vitesse et les watts développés ; on voit que ça va plus vite, ça envoie.

Bryan : Les progrès, on les explique par l’accumulation des saisons mais les saisons, ça comprend les courses et aussi l’entraînement. Cet hiver, on a aussi fait beaucoup plus d’endurance de force. C’est quelque chose que je répète régulièrement sur la route comme sur le home-traîner. Dès que je fais une séance sur mon home-traîner « Cyclus », j’incorpore ma « force-endurance » dans mon échauffement donc au final, j’en fais régulièrement.

Qu’est-ce que l’endurance de force ?

Fabien : C’est le fait de rouler avec une résistance à une cadence faible pendant longtemps. J’avais fait une erreur à la base, et je le sais. Avant, je demandais aux coureurs d’effectuer des efforts de 2, 3 minutes et je trouvais que c’était assez long. Finalement, je me suis rendu compte que pour progresser dans ce domaine, il fallait y passer plusieurs fois 8,10 minutes. Aujourd’hui, je sens une progression et pas seulement avec Bryan. En effet, Freddy, un autre athlète de l’association qui court en pass’Cyclisme, ressent également des progrès après ce cycle-là. Et pour Bryan, avec le « Cyclus », c’est vraiment facile de le faire. Tu mets la résistance que tu veux, t’es dans ta bulle pendant 8, 10 minutes et c’est top.

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Bryan : C’est vraiment ça qui est bien avec le « Cyclus ». J’ai déjà essayé de reproduire cet exercice sur la route mais il faudrait un col pour réussir à rester à la même cadence, aux alentours de 55 tours par minute et à la même puissance tout le temps. C’est impossible sinon.

Fabien : Et même dans un col, il y a les virages, les relances alors que là, tu es calé pendant dix minutes. Tu fais ton truc, dans ta bulle, en toute sécurité. Tu peux te concentrer sur le haut du corps, le pédalage. C’est vraiment bien.

Bryan: Et moi, je suis un peu un gamin dans ma tête, j’ai besoin de changement, je me lasse vite des choses. Et là, le fait que cet exercice soit nouveau et ludique avec un nouvel outil, le « Cyclus », je suis content de le faire.

Fabien Aoustin : « L’hiver, j’essaye d’être ludique et de proposer des choses nouvelles »

Fabien, arrives-tu à t’adapter à la volonté de Bryan de ne pas toujours faire la même chose ?

Fabien : J’essaye mais je n’ai pas envie non plus de prendre trop de risques. Sur le mois de juin, on a fait exactement pareil que les saisons précédentes. Peut-être que l’on se trompe mais pour le moment, ça fonctionne bien comme ça. A un mois du Tour, on ne prend pas le risque de changer, on fait quasiment la même chose. Par contre, l’hiver, j’essaye de le faire sortir des sentiers battus au maximum, de s’amuser, de ne pas lui faire faire des séries de dix minutes dans le froid : ce serait rébarbatif et il s’ennuierait. Hors objectif, j’essaye d’être ludique et de lui proposer des choses nouvelles. Mais en période d’objectif, on fait ce qui fonctionne : le vélo c’est son boulot, et ce n’est pas toujours rigolo ! On fait la même chose qu’il y a deux ans avec Bryan mais au lieu de faire deux séances de développement dans la semaine, on peut en faire trois car il en est aujourd’hui capable. Comme Bryan, je pense qu’il est compliqué de dire ce qui a vraiment marché, c’est un ensemble. Cette année, il a gagné en force. Et le gain de force, ce n’est pas que grâce à l’entraînement mais aussi grâce à la maturité sportive, aux quatre années pros, aux courses qui s’enchaînent….

Il est aussi mieux entouré, avec une équipe à son service.

Fabien : Bien sûr, L’équipe Direct Energie fait du très bon boulot, mais intrinsèquement, il a progressé aussi. Ses coéquipiers lui permettent de gagner des courses, mais je remarque qu’il a vraiment progressé quand je le vois jouer la gagne sur toute les étapes à Dunkerque ; et que dire du contre la montre de la route du Sud ! On sent qu’il y a un cap de passé. Là, il était tout seul sur le vélo, il termine cinquième pas loin de Sylvain Chavanel qui est un spécialiste. C’est un super chrono, qu’il n’aurait jamais fait il y a deux ans.

Tu le bosses l’exercice solitaire ?

Bryan : On le bosse sans le vouloir en fait. Quand on fait du derrière moto, ça fait progresser sur les chronos mais je ne roule jamais avec mon vélo de chrono, je n’y vois pas d’intérêt. Après, en bonne forme, sur un prologue qui me convient bien comme aux Boucles de la Mayenne, je sais que je peux faire quelque chose.

Suis-tu toujours à la lettre les planifs de Fabien ?

Bryan : Avec Fabien, on s’adapte, on fait beaucoup en fonction de mes sensations. Parfois, je peux être feignasse mais Fabien me connaît assez bien pour savoir si c’est de la fainéantise ou si les sensations ne sont pas bonnes. On s’adapte tout le temps et c’est aussi ça qui me fait progresser plutôt que d’avoir un entraînement arrêté.

Fabien : Par contre, il y a des séances importantes sur lesquelles on ne peut pas faire l’impasse mais on s’adapte, on les fait moins longues. Mardi par exemple, Bryan était fatigué, la moto n’était pas obligatoire car les dés sont jetés, on n’y va pas, on fait une petite sortie, ça suffit. Le plus important est d’avoir une ligne conductrice, de savoir vers où on veut aller. Il faut tout le temps s’adapter de toute façon. Après une course disputée sous le soleil ou sous la pluie, la fatigue n’est pas la même, la récup’ n’est pas la même.

Bryan : Et puis tu commences aussi à comprendre ce qu’implique une saison chez les pros. Au départ, tu ne te rendais pas trop compte.

Fabien : Oui, c’est vrai et notamment les déplacements. Je m’en suis rendu compte en partant à l’autre bout du monde avec l’équipe de France de piste. Les galères dans les avions, les aéroports, les décalages horaires, c’est vraiment compliqué à gérer. J’ai passé un cap grâce à ça. Maintenant, je sais que quand il y a six heures de décalage, il faut six jours après de récupération. Il y a deux ans, j’aurais fait l’erreur de recharger derrière en me disant « il va récupérer deux jours et après, on est reparti ». Maintenant, je le laisse se reposer pendant une semaine et ce n’est pas du temps de perdu, c’est du temps de gagné. Ceci m’a permis d’affiner ma connaissance du milieu. Quand Bryan m’a fait confiance il y a quatre ans, je ne connaissais rien au milieu professionnel, je n’avais jamais entraîné un pro… On a appris ensemble finalement et on continue de progresser ensemble. Ça a peut-être été un mal pour un bien.

Fabien Aoustin : « Je propose des choses à Bryan et après, on discute »

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Bryan, il arrive que tu sois en désaccord avec ce que te propose Fabien ?

Bryan : Oui, mais on en discute. La planification d’entraînement, on la fait à deux. J’ai une vie normale, des rendez-vous, des imprévus, ça m’arrive de ne pas pouvoir faire ce qu’il me propose.

Fabien : Moi, j’ai des idées mais je ne vais pas sur les courses, je connais moins le milieu que Bryan. J’ai mes idées par rapport à des théories, à des choses que je lis mais je n’ai jamais été pro. Je lui propose des choses et après on discute, on pèse le pour et le contre et on fait ce qui nous semble être le meilleur.

Tu ne lui imposes jamais rien ?

Fabien : Non, c’est son projet, ce n’est pas le mien.

Bryan : C’est un truc tout con mais on adapte aussi l’entraînement en fonction des groupes avec lesquels je vais rouler. On a une trame. Il sait que le mercredi, c’est plus facile pour moi de faire des grandes sorties, que le mardi soir, je vais à la piste à Pontchâteau.

Fabien : Je ne vais pas lui mettre six heures le jeudi, tout seul, alors qu’il peut faire deux heures tout seul et quatre avec un groupe le mercredi. Je m’adapte à son univers et je pense que c’est ce qu’il y a de plus important pour un entraîneur. C’est un métier intrusif, il faut connaître la personne, il faut vivre avec, il faut comprendre son univers. C’est bien beau de lui dire d’aller faire tant de kilomètres, de développer tant de watts mais il ne faut pas que ça le fasse chier, il faut que ce soit fait en bonne intelligence. S’il a besoin d’aller voir sa grand-mère le lundi après-midi parce que psychologiquement, ça lui fait du bien, bah je ne lui programme rien le lundi après-midi. Le mardi soir, il va à la piste à Pontchâteau, ça lui fait plaisir, ça fait plaisir aux gamins, ça lui fait du bien pour la cadence, la vélocité donc je m’adapte.

Bryan Coquard : « Je n’arriverai jamais à monter autant le cœur que sur la piste »

La piste c’est juste pour faire plaisir aux gamins ou ça t’apporte un plus dans ton entraînement ?

Bryan : J’aime bien et c’est la journée de la semaine où je vais le plus monter le cœur. Je peux faire toutes les intensités que je veux, je n’arriverai jamais à monter autant que sur la piste. J’arrive presque à mon max tous les mardis soirs en jouant avec les gamins. Ça m’apporte aussi de la vélocité. Mais surtout, j’aime bien parce que c’est l’ambiance du club, je revois les gens de l’US Pontchâteau, ça fait plaisir à tout le monde, c’est sympa.

Fabien : Je ne lui ai jamais déconseillé d’y aller car à cette séance, je suis sûr qu’il va faire de la cadence. Avec le poids des années, il a tendance à moins tourner la canne, là il le fait naturellement, par le jeu, en faisant une Américaine avec les gamins. C’est tout bon pour moi, pour lui, pour tout le monde. C’est en s’amusant qu’il va atteindre sa Fréquence Cardiaque Maximale. C’est l’idéal, je ne peux pas rêver mieux : il se rentre dedans tout en s’amusant.

Votre manière de travailler a-t-elle évoluée depuis le début de votre collaboration il y a trois ans et demi ?

Bryan : Notre manière de travailler tous les deux, je ne pense pas mais notre manière de travailler chacun de notre côté, je pense que si. Je suis passé pro, j’étais un petit branleur, tout était facile et tout me réussissait. J’ai pris conscience ensuite de mon potentiel, de ce que j’étais capable de faire. J’entendais que je pouvais gagner l’Amstel ou d’autres grosses courses. J’ai eu un déclic au printemps dernier et je me suis dit que ces courses, j’avais envie de les gagner. Pour les gagner, il fallait que je travaille plus donc Fabien a dû travailler différemment parce que je lui en demandais plus. Maintenant, je fais rarement moins de trois heures de vélo alors qu’avant, il m’arrivait de sortir pour une heure et demie.

Fabien : Moi j’étais habitué à entraîner des jeunes avec une logique d’entraînement spécifique. Je n’avais pas le recul de me dire, « tu sors, c’est pour trois heures et c’est facile ». Par rapport à l’évolution de notre manière de faire, je trouve aussi que l’on est de plus en plus proche. On parle plus des choses de la vie, on est plus intime. J’ai l’impression de savoir beaucoup de choses, même des choses personnelles, ses difficultés : c’est une obligation pour bien travailler. J’ai besoin de tout savoir, de tout palper. On a évolué à ce niveau-là aussi parce qu’on a plus de temps et que je comprends mieux le milieu. Au début de ses années pros, on ne pouvait pas discuter de ce qui se passait chez les pros car je ne connaissais rien dans ce milieu.

As-tu également progressé dans les domaines de l’alimentation, de l’hygiène de vie ?

Bryan : Je pense que j’ai passé un cap là-dessus. Quand je suis passé pro, je ne faisais pas n’importe quoi, j’étais sérieux, mais ça me passait un peu par-dessus la tête. Maintenant, j’aime bien la vie, je ne me prends pas la tête avec ça, mais avec les responsabilités que j’ai dans l’équipe : il fallait que j’en fasse plus à l’entraînement et  que je fasse encore plus attention à mon hygiène de vie. Je suis plus sérieux et plus serein. Ma vie est plus stable donc l’hygiène de vie va avec. C’est ce que je ressens depuis le début de la saison.

Fabien : C’est un domaine dans lequel j’aimerai m’améliorer pour pouvoir l’aider. Il y a peut-être encore des progrès à faire là-dessus mais ce serait vraiment du perfectionnement.

Propos recueillis
par Guillaume Leroux.

 

 

 

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Freddy Reigner : « Avec Fabien, je suis toujours dans la découverte »

Freddy

Cyclo-sportif et adhérent de l’Académie du cyclisme et de l’entraînement, Freddy Reigner a trouvé le bon équilibre entre le plaisir d’aller rouler et la volonté de progresser.

Dire que Freddy Reigner n’est pas le coureur le plus affûté de l’Académie n’est pas lui faire injure. C’était encore moins le cas il y a quatre ans. « J’ai arrêté de fumer à ce moment-là et j’ai ai pris au moins quinze kilos. » Lui qui n’avait plus fait de sports « hormis un peu de foot en salle à la fac » depuis 18 ans décide alors, à 36 ans, de se reprendre en main. Il jette alors un coup d’œil sur ce modeste vélo de cyclo-cross prêté par son beau-frère qui prenait la poussière dans son garage. « Je me suis dit, pourquoi pas. »

Licencié au club de Pouzauges jusqu’en juniors « avec de beaux maillots Patrick qui seraient à la mode aujourd’hui », Freddy est un amoureux de cyclisme depuis toujours. Alors quand il remonte sur les pédales, « la passion est revenue au galop ». Après avoir couvert plusieurs Tours de France en tant que journaliste, il passe de l’autre côté des barrières, le cul sur la selle. « Mes premières sorties, j’en bavais à 25 de moyenne, une horreur. Mais j’ai assez vite retrouvé le goût de l’effort. »
Il fait alors la connaissance de Fabien Aoustin, salarié de l’Académie du cyclisme et de l’entraînement, et avec Josselin, un collègue de travail, se lance un défi : disputer l’Etape du Tour, l’une des plus grandes cyclo-sportives de France. « C’était pas gagné. Je me souviens très bien de ma première cyclo à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. 38 de moyenne les deux premières heures, j’avais explosé en plein vol. »

Entre Pau et Hautacam, sous la pluie, Freddy en bave mais atteint son objectif : terminer. Bis repetita l’été suivant où, entre Saint-Jean-de-Maurienne et La Toussuire, il vit un calvaire. « Il faisait hyper chaud. On a vraiment été au bout de nous-même. Je n’avais jamais autant souffert sur le vélo. » Il prend alors goût à la compétition, participe à quelques courses, aux championnats de France des journalistes où il termine au pied du podium en 2014, mais privilégie toujours le plaisir et le dépassement. « Si Fabien ne me suivait pas, le vélo serait moins ludique, explique-t-il. Sans ses plans d’entraînement, j’irai juste promener le vélo. Il me fait essayer plein de choses, plein d’exercices différents. Ça m’amuse. Avec lui, je suis toujours dans la découverte. J’ai fait du derrière scooter il y a deux ans, ça procure de drôles de sensations. »

Habitué à travailler avec des coureurs pour qui le vélo n’est quasiment que l’unique priorité, Fabien sait aussi s’adapter au rythme de vie de Freddy : salarié et père de famille, coureur en Pass’cyclisme (D3) qui connaît, lui aussi, ses petits pépins de santé. « J’ai fait une anémie de fer l’année dernière et sans l’aide et les conseils de Fabien, j’aurai peut-être tout laisser tomber. Savoir qu’il est là, ça réconforte et ça booste. J’ai beaucoup de chances d’être avec lui. J’ai envie de faire les choses bien pour lui car il prend du temps, dans un planning chargé, pour s’occuper d’un petit cyclosportif. » Un petit cyclosportif qui, avec le temps, se montre de plus en plus ambitieux. « Je suis à la recherche de la sensation, pas de la performance mais c’est vrai que ça me ferait kiffer de gagner une course, de ramener une coupe aux enfants. Ce n’est pas l’objectif numéro un mais ce serait la cerise sur le gâteau. » En 2017, il aimerait disputer Milan San Remo ou le Tour des Flandres. Pas pour gagner, juste pour le plaisir.

Bryan Monnier ne fait pas que pédaler

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Fou de sports, Bryan Monnier, champion régional, découvre cette saison le rythme et les courses des Cadets. Avec quelques bons résultats mais pas encore de victoire à son actif.

Âgé de 15 ans, Bryan Monnier est le plus jeune adhérent de l’Académie du cyclisme et de l’entraînement. Cadet depuis le début de la saison, le coureur de Pouzauges, croque avec appétit dans ce nouvel environnement fait de courses plus longues et nettement plus rapides. « Depuis le début de saison, j’ai fait quelques places, commente le jeune homme. Je n’ai pas encore de victoires mais j’ai quand même de quoi être fier de moi. J’ai fait septième d’une inter-régions et j’ai été acteur des courses sur le Trophée Madiot. » Habitué à lever régulièrement les bras, Bryan sait que ce sera plus compliqué cette année. « L’objectif de la saison, c’est d’apprendre, de découvrir. J’espère continuer à faire quelques places mais j’aurai plus d’objectif l’année prochaine. »

Il faut dire qu’en ce moment, le vélo n’est pas l’unique priorité du champion régional minimes 2015. Il y a déjà le brevet des collègues dans quelques semaines et les révisions qui débutent, mais aussi le basket et la natation. « J’adore le sport et jusqu’à présent, j’arrive à faire les trois. Mais je n’ai pas trop le temps de m’entraîner sur le vélo. » Fabien Aoustin, salarié de l’Académie du cyclisme et de l’entraînement, en a conscience. Avec Bryan, qu’il conseille régulièrement, il ne veut pas brûler les étapes. « Il a une grosse marge de progression, analyse celui qui est aussi l’entraîneur de Bryan Coquard ou Pascale Jeuland. Il se forme et pour le moment je lui apprends à s’entraîner, à avoir une démarche d’entraînement. Pour l’instant, il ne se consacre pas encore au vélo à 100% mais il a beaucoup de potentiel. »

Les conseils de Fabien, Bryan les écoute attentivement. « Je respecte tout à la lettre ». Il sait aussi ce qu’il va devoir travailler pour être plus performant la saison prochaine. « Il faut que je prenne de la caisse et que je m’améliore en chrono, mais je travaillerais ça quand les saisons de basket et de natations seront terminées. » Car si Bryan sait qu’il se spécialisera très bientôt dans le cyclisme (« c’est plus individuel, c’est mieux pour moi »), il a aussi une saison de basket à terminer. « Avec mon équipe de Chambretaud, on va jouer la demi-finale de la coupe de Vendée. » Les beaux jours ensuite arriveront avec de beaux objectifs, mains sur le guidon, et notamment celui de participer aux championnats de France sur piste. « J’aimerais bien y être, histoire d’apprendre pour l’année prochaine ». Une année 2017 qui devrait le voir se consacrer quasi exclusivement au vélo. On a hâte d’y être…

Un hiver à oublier pour Pascale Jeuland

Après une coupure de plusieurs semaines, Pascale Jeuland vient de renouer avec la compétition et la victoire. Apaisée et reposée, la sprinteuse se montre ambitieuse pour la suite de la saison tant sur la route que sur la piste.

« Après les championnats du Monde sur piste en février, j’étais épuisée. Je n’avais pas réellement coupé depuis près de deux ans et depuis le mois de novembre, je n’avais jamais pu me poser chez mois trois jours de suite. J’étais arrivée à saturation et j’avais besoin de prendre mes distances avec le monde du vélo. » Pascale Jeuland ne se cache pas au moment d’évoquer son début de saison. Eloignée des pelotons pendant de longues semaines, elle en a profité pour recharger les batteries, pour se reposer « physiquement et psychologiquement ».

La fin de saison avait, il est vrai, été rude pour elle. Déjà écartée des Jeux Olympiques de Londres sur une décision de la Fédération, elle n’a pas été non plus été sélectionné sur l’omnium pour ceux de Rio cet été. « On ne peut pas comparer, relève la membre de l’équipe Poitou-Charentes Futuroscope 86. Quand Steven Henry, le responsable de l’endurance en équipe de France, m’a demandé au printemps dernier de m’entraîner sur l’omnium, je savais que ce serait compliqué, ça faisait trois ans que je n’avais pas fait d’effort de sprint. Laurie Berthon était peut-être un peu en difficulté à ce moment-là mais elle était en place. Je voulais jouer le jeu car on ne peut pas refuser une sélection mais j’ai dit oui en étant sceptique. » Malgré une huitième place en Nouvelle-Zélande lors d’une manche de coupe du Monde et trois records personnels battus, Pascale ne sera finalement que remplaçante de Laurie Berthon à Rio. « Je n’ai pas de regrets. Laurie a bien progressé cette année et sa place n’est pas contestable. » Deuxième des derniers championnats du Monde, Laurie Berthon pourrait même décrocher l’or à Rio.

Malgré sa déception, Pascale n’a pas pour autant tourné le dos à la piste. Elle participait la semaine dernière à un stage avec l’équipe de France à Saint-Quentin-en-Yvelines et lorgne déjà sur les championnats d’Europe de la discipline qui se dérouleront à l’automne sur le vélodrome francilien. Avant cela, les championnats du Monde sur route au Qatar pourraient lui convenir à merveille. « C’est l’objectif de la saison, confirme l’intéressée. C’est tout plat, c’est un parcours que j’affectionne. » Il lui faut alors remettre la machine en route après plusieurs semaines de coupure. « J’ai repris le week-end dernier. Je manque encore un peu de puissance mais je ne suis pas complètement à la rue. Je n’ai pas la grosse pate comme avant ma coupure où je n’avais pas de sensations. Je me sens mieux, reposée, ça va vite revenir. » Sa victoire ce week-end à Créon suivie d’une deuxième place le lendemain lors d’une manche de coupe de France à Mérignac l’atteste, la forme revient viteElle s’envole pour la Chine mardi pour y disputer deux épreuves avec son équipe puis envisage de participer au Women’s tour en Grande-Bretagne début juin, course par étapes dont elle avait pris la neuvième place en 2015.

Son programme de courses, elle l’a élaboré avec son équipe mais aussi avec son entraîneur depuis l’été dernier, Fabien Aoustin. « Je l’ai rencontré en équipe de France piste, raconte-t-elle. Je voulais un entraîneur qui sache gérer route et piste et ça ne m’intéressait pas d’avoir quelqu’un uniquement axé sur l’aspect sportif et technique. » Avec Fabien, elle a trouvé l’oreille à qui se confier quand tout ne tourne pas rond. « On peut discuter avec lui et même quand je ne dis pas forcément ce que je ressens, il perçoit les choses. Cet hiver, parfois j’étais au fond du trou et il s’avait s’adapter alors que généralement, dans ce genre de situations, les entraîneurs sont plutôt ‘vas-y, bouge-toi’. Fabien m’a bien cerné et sait comment je fonctionne. »

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Une année de transition pour Bastien Gauchot

Bastien

Victime d’une mononucléose l’été dernier, Bastien Gauchot veut retrouver le rythme pour espérer monter en deuxième catégorie d’ici à la fin de la saison.

On n’a pas beaucoup vu Bastien Gauchot en course durant les deux dernières années. Très occupé par des études de philosophie qu’il mène à Paris et fortement handicapé par une mononucléose à partir de l’été dernier, le coureur de l’UC Nantes retrouve peu à peu ses sensations. « J’ai fait six courses depuis le début de saison, raconte-t-il. J’étais malade pendant les deux premières mais sur les suivantes, j’ai eu le sentiment que les sensations revenaient. » Sa quatrième place à une 2,3,J à Ste-Luce-sur-Loire – La Roche-Blanche en atteste. Vainqueur à La Limouzière (3,J) en juin dernier, l’étudiant a enchaîné les courses pendant les dernières vacances scolaires pour reprendre le rythme et tenter de renouer avec la victoire.

« Cette saison, je n’ai pas vraiment d’objectif précis, ajoute Bastien. J’ai par contre la volonté de bien marcher pour essayer de retrouver une équipe de DN3 la saison prochaine. » Pour cela, il souhaiterait « vite remonter en deuxième catégorie » et « retrouver un niveau de compétition assez acceptable sur des courses de premières catégories en fin de saison ».

Toujours entraîné par Fabien Aoustin, salarié de l’Académie du Cyclisme et de l’entraînement, Bastien, faute de pouvoir rentrer régulièrement en Province, peaufine sa préparation en région parisienne. « Il y a deux circuits sur Paris complètement coupés de la circulation, moi je vais souvent sur circuit de Longchamp, près du bois de Boulogne. C’est une boucle de 4km, c’est un peu monotone, on a vite fait le tour, mais je trouve toujours des gens avec qui rouler et on n’est pas embêtés par les voitures. »

C’est sur cette portion de route que le coureur de l’UC Nantes va préparer deux courses qu’il a déjà coché sur son calendrier : les championnats départementaux et régionaux de troisième catégorie, les 8 et 22 mai. « Ce ne sont pas vraiment des objectifs mais en principe, je ne devrais pas être trop mal à ce moment de la saison. L’idéal, ce serait d’être en forme début mai. » Libéré de ses obligations scolaires, il pourra ensuite consacrer plus de temps au cyclisme. L’été promet d’être chaud pour Bastien Gauchot.

Fiona Dutriaux n’attend plus que le soleil

Active sur les courses de début de saison, la sprinteuse nordiste, nouvelle venue à l’Académie, attaque cette saison 2016 avec ambition.

C’est la dernière venue à l’Académie du cyclisme et de l’entraînement (ACE). Elle n’en est pas pour autant la moins expérimentée. A 27 ans, la Nordiste Fiona Dutriaux compte déjà de nombreuses victoires à son actif dont plusieurs titres de championne de France sur piste et même un titre de championne d’Europe juniors de poursuite individuelle en 2007. Elle se montre également à son avantage sur route avec plusieurs succès, la plupart en Belgique, dont quatre la saison passée. « J’habite à Camphin-en-Pévèle, près de la frontière belge donc je cours essentiellement là-bas, explique-elle. Il y a beaucoup plus de courses qu’en France et c’est plus structuré. Il n’est pas rare que l’on se retrouve à 70 ou 100 au départ d’une course avec des filles de toute l’Europe alors qu’en France, parfois, on court avec les Cadets ou les Juniors. »

Avec son équipe, Autoglass Wetteren cycling team, elle ne dispute quasiment que des courses internationales. Elle a d’ailleurs pris le mois dernier, la troisième place de l’Open Omloop d’Ooike derrière deux athlètes danoises. « Ce n’était que ma troisième course. Je suis plutôt satisfaite de mon début de saison pour le moment », se félicitait-elle quelques heures après ce premier podium en 2016. L’hiver, ce n’est pourtant pas ce qu’elle préfère. « Je n’aime pas trop le froid, reconnaît-elle, donc je compte être en forme dans les jours ou les semaines qui viennent. J’aimerai bien participer aux courses à étapes de cet été comme la Route de France ou le Béné ladies tour, une épreuve que j’apprécie et qui se dispute en Belgique et aux Pays-Bas. »

Pour cela, elle s’appuiera sur les conseils de son nouvel entraîneur, Fabien Aoustin. « On s’est rencontré aux derniers championnats d’Europe sur piste, précise Fiona. Le courant est bien passé et j’avais besoin d’un peu de changement. Fabien me suit sur les programmes d’entraînement mais j’ai aussi un entraîneur dans mon club. » Un doublon qui ne perturbe pas Fabien, salarié de l’ACE. « Avec Fiona, on ne va pas beaucoup se croiser, tout se fera à distance et c’est quelque chose d’un peu nouveau pour moi. C’est bien qu’elle puisse s’appuyer sur quelqu’un d’autre sur place. »

Car Fiona ne devrait pas beaucoup courir en France ces prochaines semaines. « Mon équipe ne se déplace pas forcément sur les courses en France et je n’ai pas non plus toujours du temps pour de longs trajets. » Diététicienne à son compte, elle doit, en effet, jongler entre sa carrière et cycliste et sa vie professionnelle. « J’ai mon propre cabinet donc je gère mon emploi du temps comme je l’entends mais ce n’est pas toujours facile. Le lendemain d’une course, j’aimerai me reposer mais je ne peux pas toujours. » Cela ne devrait pas l’empêcher de préparer sereinement la saison de piste qui redémarrera au printemps. « Les championnats de France et ceux d’Europe à Saint-Quentin-en-Yvelines sont de gros objectifs pour moi. » D’ici là, Fiona aura largement le temps de s’illustrer dans son Nord de la France natal.

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Fiona espère faire comme l’an passé: s’entraîner beaucoup l’hiver pour récolter les fruits de ce travail au printemps !  

Iris Sachet, les études avant tout

Iris 2016La sprinteuse nantaise, qui a changé d’équipe cet hiver, donnera jusqu’à cet été la priorité à ses études. Elle ambitionne ensuite de briller avec sa nouvelle formation ou sous le maillot de l’équipe de France.

Cette saison, Iris Sachet a troqué son maillot du Nantes Doulon VS pour celui de l’équipe DN17 Poitou-Charentes. Une formation de l’élite féminine qui devrait lui permettre de se confronter plus régulièrement au très haut-niveau. « J’ai une vraie équipe où l’on bosse les unes pour les autres, se réjouit-elle. On a en plus un programme sympa avec quelques courses de niveau international. » Il y a un mois, à Chambéry, c’est d’ailleurs sa coéquipière Marjolaine Bazin qui s’est imposée lors de la première manche de la Coupe de France.  » J’étais bien placée pour la gagne mais j’ai cassé ma roue à 500 mètres de la ligne, raconte Iris. Ce n’était que ma deuxième course de la saison. »

Si Iris court peu cette saison, c’est que son emploi du temps ne lui en laisse guère le temps. Désormais en Master 2 de Staps à l’université de Nantes, elle fait de sa réussite scolaire une priorité. « Cette année, je vais beaucoup plus privilégier les études pour ne pas rater mes examens, reconnaît-elle. J’aimerai ensuite décrocher une thèse pour pouvoir faire de la recherche. » Un sacré programme, bien plus précis que son calendrier cycliste. « J’avais un objectif en mai en Chine avec l’équipe de France mais le déplacement a été annulé, regrette-t-elle. D’ici cet été, je n’aurai donc pas trop d’objectifs si ce n’est celui de prendre du plaisir à faire du vélo. Je ferais au mieux, ça, c’est certain. »

Cet été, Iris, libéré provisoirement de ses contraintes scolaires, mettra de nouveau le vélo en tête de ses priorités avec des courses à cibler avec son entraîneur, Fabien Aoustin. « Il y a la Course by le Tour sur les Champs à laquelle j’aimerai participer comme l’année dernière et aussi peut-être la Route de France ou d’autres courses avec l’équipe de France. Je calerai tout ça une fois que j’aurai terminé les cours. »

Vainqueur à quatre reprises la saison passée, la sprinteuse s’attend à connaître moins de réussite en 2016. Pour elle, l’essentiel est ailleurs. Mais aux beaux jours, lorsque cahiers et stylos auront été rangés au fond du tiroir, on devrait de nouveau là retrouver au plus haut des classements.

« Trouver des solutions pour continuer de répondre aux objectifs »

Fabien Aoustin, entraîneur et salarié de l’Académie dresse le bilan de l’année 2014 et présente les projets à venir avant le rassemblement collectif et l’assemblée générale, moment où la question de la capacité de la structure à grandir encore se posera.

En 2014, l’association a mis en place de nouvelles choses, notamment les séances de musculation en groupe. Quel est le bilan ?

« On a pu mettre en place pas mal de choses l’an dernier, notamment dans la préparation physique, avec ces séances de muscu. Je me suis beaucoup investi pour trouver une salle et travailler en collaboration avec Vincent Lefèvre. Ça a pris son envol l’an dernier. Je crois dans l’intérêt de la muscu, c’est un gros gain de temps. Mais je me suis rendu compte que c’est hyper compliqué à organiser pour avoir un suivi régulier. Pour se caler avec Vincent, les salles, on a parfois dû un peu bricoler. C’est super compliqué à mettre en place. On doit essayer de trouver des solutions : continuer en salle ? Proposer des séances à domicile ?

Il faut essayer des choses, prendre les devants. Mais on est quand même satisfait du travail effectué, notamment avec les élites. »

D’autant que ce système a permis de constituer un petit groupe d’entraînement ?

« C’était aussi le but : créer un groupe autour des athlètes habitant près de Nantes. C’était facile avec Bryan et Jérôme mais on voulait aussi intégrer des amateurs. Ça s’est bien fait avec Thibaut, Vincent ou Iris. Un petit noyau a commencé à se créer. »

Cette année a aussi permis d’élargir le groupe d’entraîneurs, notamment avec des spécialistes d’autres régions…

« Au départ, notre intention était de travailler avec un groupe très local mais on n’a pas forcément réussi à attirer les entraîneurs locaux. De par notre réseau, on a plus mis en place une collaboration au niveau national. On est désormais une dizaine d’entraîneurs et il y a encore des demandes. La plupart des échanges se font via une plateforme à distance. On peut encore élargir le groupe mais le seul souci, c’est le temps que ça prend. Si on grandit, il faudra quelqu’un pour gérer, mettre des liens, faire vivre le groupe.  On doit aussi se questionner à ce sujet, trouver des solutions pour continuer de répondre aux objectifs de l’association. Pour bien travailler, doit-on mettre un petit coup de frein ? Il faudra le définir. »

De nouveaux coureurs sont-ils attendus pour l’an prochain ?

« Je suis en discussion avec Sylvain Blanquefort (UC Nantes, ancien champion de France amateur) et Didier est en contact avec Kévin Fouache (Uc Nantes). On aura donc peut être trois coureurs de Nantes. Ça peut être l’occasion de se rapprocher de l’équipe. Nous sommes aussi en contact avec de jeunes coureurs, nous officialiserons tout ces contacts dans quelques jours.»

D’ailleurs, l’image de l’association auprès des équipes et des suiveurs évolue-t-elle ?

« Parfois, les objectifs de l’association ont été mal perçus, notamment au sein des équipes. Mais on veut faire comprendre qu’on est là pour aider les coureurs et donc les équipes. Ça prend forme. Aujourd’hui, des clubs nous appellent pour intervenir auprès d’eux.  Les mentalités changent, ça évolue. Ça fait 5 ans qu’on existe. Même si ça reste un petit projet, les clubs commencent à comprendre notre logique. On est plus reconnu dans le milieu. »

D’un point de vue personnel, as-tu l’impression que l’année passée t’a encore fait évoluer dans tes compétences ?

« J’ai encore beaucoup appris, notamment grâce au travail effectué avec Jérôme Pineau, sa connaissance de la course. Avec Bryan aussi, j’ai appris, au moment de son coup de bambou d’après Tour. Je n’ai pas su lui dire de couper vraiment.  Mais l’année a également permis de travailler avec les autres entraîneurs, d’échanger : avec Patrice, avec Xavier pour le sprint, Didier pour la cadence de pédalage, etc. C’est tout le temps une remise en question. C’est le gros point positif de l’association, ces relations. C’est très important pour moi et pour les coureurs. »

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Propos recueillis par Vivien Leroux

Bryan Coquard : « Etre champion du monde à Paris »

Pour sa deuxième saison pro, Bryan Coquard (Europcar) a encore garni son palmarès et participé  à son premier Tour de France. Ses ambitions seront encore plus importantes en 2015. Mais avant cela, le coureur entraîné par Fabien Aoustin renouera cet  hiver avec ses premières amours sur la piste. Objectif : les Mondiaux de février sur le vélodrome de Saint-Quentin.

La saison sur route vient de se terminer. C’est l’heure du repos total ?

J’ai coupé depuis un mois déjà, suite à ma blessure au Grand Prix d’Isbergues (entorse acromio-claviculaire). Ma coupure aurait dû être moins longue mais ce n’est pas plus mal. Ça fait vraiment du bien de débrancher car l’hiver va être difficile. Un mois après le Tour de France, j’ai subi le contrecoup, avec un passage où je n’étais vraiment pas bien. Sur la lancée du Tour, j’ai continué à bien m’entraîner, peut-être trop. La blessure, même si c’est toujours chiant, était peut-être un mal pour un bien. J’ai coupé plus tôt mais je vais reprendre plus tôt.

Quand est prévue la reprise ?

Je vais partir deux semaines en vacances (entretien réalisé le 23 octobre) et dès mon retour, je pars en stage avec l’équipe de France sur piste.

Ta préparation hivernale va être chamboulée par rapport aux années précédentes avec ta saison de piste…

Ce sera complètement différent, oui. Les premières échéances vont venir très vite avec une classe 1 sur piste à Gand dans trois semaines. Ça va faire un peu « short » mais c’est comme ça. Ensuite, il y aura une épreuve de Coupe du monde à Londres début décembre où je ferai surement l’américaine, et la course aux points. L’objectif est d’être prêt pour les Mondiaux à Saint-Quentin.

Sais-tu déjà à quelles épreuves tu participeras ?

Ma place n’est pas encore faite, je devrai aller la chercher. Mais j’ai demandé à la fédération d’avoir des garanties dès mon retour de vacances. J’ai des obligations sur la route envers mon employeur et je ne peux pas  faire tout un hiver sur la piste si je ne fais pas les Mondiaux. Ça peut sembler tôt pour demander ça sachant que ça fait longtemps que je n’ai pas été sur la piste, mais j’ai déjà prouvé mon niveau.

C’est vraiment l’organisation des Mondiaux à Paris qui t’a décidé à reprendre la piste ?

Clairement oui. J’ai envie d’être champion du monde à Paris. Avec Thomas Boudat, on est deux jeunes à fort potentiel. Je crois que beaucoup de nations rêveraient d’avoir une paire d’américaine comme la nôtre.

Comment vas-tu te préparer par rapport aux années précédentes ? Que du vélo ? Pas de piscine par exemple ?

On n’a pas encore tout calé avec Fabien mais c’est sûr que je ne vais pas faire de piscine, ou peut-être un peu en décembre. Il y aura toujours un peu de gainage, de la muscu mais le souci c’est que je ne vais avoir trop de temps. J’aurai un mois pour être performant sur le vélo.

La piste change la donne pour ton début de saison sur route ?

Les deux calendriers sont liés. J’irai à Londres en décembre mais ensuite je pars au Tour down under en janvier avant de faire le GP Fenioux sur la piste, puis l’Etoile de Besseges et les Monde. Je pourrais continuer jusqu’à Paris-Nice avant de couper.

Tu viens de finir ta deuxième saison pro, la première en World Tour, avec ton premier grand tour. Physiquement, tu penses avoir passé un cap ?

C’est certain. Je l’ai senti très vite. Sur la route Adélie ou Paris-Camembert, je ne vais pas dire que c’était facile, mais c’était vraiment du vélo « plaisir ». C’était très agréable. Avec un grand tour en plus, je pense qu’il peut encore y avoir une différence. Je suis pressé de voir l’année prochaine. Je suis motivé, j’aimerais gagner en World tour.

Quel type de coureur veux-tu être : un sprinteur ou un profil plus complet ?

Je veux être un sprinteur qui passe bien les bosses. Je vais travailler encore plus physiquement pour ça.

En dehors de la route, les JO 2016 sont-ils un objectif ?

Je ne peux pas encore le dire. Pour l’instant, je me concentre sur les Mondiaux. Après, on verra… Les JO, c’est à la fois dans longtemps et dans pas très longtemps. En omnium, il n’y aura qu’une place et Thomas Boudat est champion du monde sortant. Il faut voir mais je ne pourrai pas tout faire. Et si j’y vais, c’est pour être champion olympique. Le défi me plairait mais je dois peser le pour et le contre.

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Propos recueillis par Vivien Leroux 

Corentin Thibaud passe de l’autre côté

Coureur en 1ere catégorie cette saison, Corentin Thibaud va entamer dans quelques jours la formation du DEJEPS Cyclisme Traditionnel à Poitiers pour devenir entraîneur.

Il avait déjà tenté sa chance l’année dernière. « En sortant du bac, je voulais faire cette formation. » Mais le jury lui avait dit de repasser après avoir pris un peu de bouteille. Un an après, Corentin Thibaud a retenté sa chance. Et cette fois, il a été retenu. Il fera donc partie de la promotion 2014-2015 de cet formation d’Etat.

« J’ai toujours voulu faire ça, explique celui qui est aussi coureur au PO Côte de Lumière. Depuis tout petit, je suis passionné par l’entraînement. » Ces derniers-mois, alors qu’il venait de passer en 1ere catégorie après un titre de champion de Vendée de 2ème catégorie en 2013, Corentin a commencé à entraîner deux jeunes juniors de son club et quelques minimes. « J’ai eu du temps car je n’ai couru que jusqu’au Tour de la Manche. J’ai dû abandonner à cause d’un problème au genou et à l’artère. J’avais tout le temps mal et ne pouvais pas rouler plus de 10 heures par semaine. En première catégorie, c’est impossible. » Depuis, Corentin n’a pas repris la compétition et repassera en 2ème catégorie la saison prochaine.  « C’est frustrant de se sentir en forme et d’avoir des limites physiques mais je veux continuer à courir quand je le pourrais. »

En attendant, le protégé de Fabien Aoustin prépare sa rentrée, où il retrouvera son entraîneur en tant que formateur. « On a la même vision, plus ou moins les mêmes idées. J’aime faire autre chose que du vélo, avec la marche, la natation,… » Pour lui, « on est sportif avant d’être cycliste ». Toute la saison, il sera en alternance au sein de son club avec les juniors. « C’est vraiment l’entraînement qui m’intéresse. Directeur sportif, j’aimerais essayer mais ça m’attire moins. » L’approche collaborative de l’association est ainsi primordiale pour un coach en herbe.  « Pouvoir discuter, échanger, c’est vraiment intéressant. »

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Propos recueillis pas Vivien LEROUX