Patrice Cossard : « Avec l’Académie, on veut apporter un complément à ce qui se fait dans les clubs »


 

 

 

 

Co-créateur de l’Académie du Cyclisme et de l’Entraînement avec Fabien Aoustin, Patrice Cossard dresse un bilan positif de la structure. Pour le blog de l’ACE, Patrice, cadre technique nationale auprès de la Fédération Française de Cyclisme, s’explique sur son parcours, sa vision de l’entraînement et les atouts de l’Académie.

Lors de sa création, il y a bientôt trois ans, quelle était l’ambition de l’ACE ?

A l’époque, Fabien et moi entraînions déjà des jeunes de manière bénévole. On était passionnés tous les deux d’entraînement mais on ne voulait pas monter notre société. On se disait qu’il fallait mieux créer une association pour que les jeunes puissent avoir des plans d’entraînement et que ce soit fait dans un cadre réglementé. L’objectif était que des coureurs, ainsi que d’autres entraîneurs, nous rejoignent pour échanger et collaborer.

Les coureurs sont de plus en plus demandeurs de plans d’entraînement individuels ?

Il y a effectivement de plus en plus de jeunes qui ont besoin d’individualiser leurs entraînements. En générale, il y a des entraîneurs dans les clubs mais parfois ils ne gèrent que des entraînements collectifs le mercredi ou le samedi. Trop peu proposent des entraînements individualisés. On voulait apporter un complément à ce qui se fait dans les clubs et les aider dans leurs démarches de formation.
Il y a dix ou vingt ans, peu de Juniors ou de Cadets n’avaient de plans d’entraînement individualisés. Aujourd’hui, tous les Juniors de l’équipe de France en ont. Auparavant, les coureurs passaient professionnels sans avoir jamais eu d’entraîneurs. Ce n’est plus le cas.

Quel a été ton parcours avant d’intégrer le FFC ?

J’ai couru sur route et sur piste jusqu’à l’âge de 24 ans. J’évoluais alors en première catégorie. Ça ne m’intéressait pas de faire une longue carrière chez les amateurs donc dès que j’ai vu que je ne pourrais pas passer pro, j’ai arrêté. Aussi, j’ai toujours été attiré par l’entraînement et à 23 ans, j’étais déjà entraîneur du Pôle Espoirs de Poitiers. Du coup ma reconversion était toute trouvée.
Ensuite, je suis devenu responsable d’une formation au CREPS de Poitiers jusqu’en 2001 puis j’ai obtenu mon concours de professorat de sports. Avec ce concours, j’ai fait un an à la direction départementale jeunesse et sports de l’Indre puis j’ai été nommé conseiller technique régional en île de France. Et en 2006, j’ai obtenu un poste sur le secteur de la formation à la FFC.

Justement, quel est l’opinion de la FFC sur des structures comme l’Académie ?

Je ne sais pas. L’Académie est, pour moi, une démarche complètement indépendante. Mon métier c’est de former des entraîneurs et je me voyais mal ne plus être entraineur en parallèle, ne plus être au contact de coureurs. C’est pour ça que, dès que je suis arrivé sur Nantes en 2006, je me suis mis en quête de coureurs à entraîner. Ça n’a rien à voir avec ma mission fédérale, je le fais bénévolement.

Comment sont perçus les entraîneurs dans le milieu du cyclisme ?

On est plutôt bien vus. Ce qui est parfois un petit peu délicat à l’Académie c’est que les entraîneurs se situent en dehors des structures clubs. C’est quelquefois un petit peu compliqué avec des rivalités ou des jalousies qui peuvent s’instaurer. Il y a vingt ans, un coureur qui avait un entraîneur, on disait de lui qu’il se la racontait. Maintenant, c’est plutôt le contraire, les jeunes sont contents d’annoncer qu’ils sont suivis par un entraîneur.

Quel est l’intérêt pour un coureur de rejoindre l’Académie ?

C’est d’avoir un suivi individualisé et surtout la garantie que son entraîneur ne fasse pas trop de bêtises car il y a beaucoup d’échanges et de discussions entre chaque entraîneur de l’Académie. Chaque plan que l’on fait à un coureur, on le communique aux autres entraîneurs. Il y a une garantie de faire un petit peu moins d’erreurs que si on était tout seul dans notre coin.
Et puis, entre entraîneurs, on peut être complémentaire. Par exemple, Christina Seiller que j’entraîne veut se tester sur du triathlon. Je prends en charge la partie vélo mais, à ma demande, c’est Fabien, titulaire du BEESAN, qui s’en occupe sur la natation. C’est l’avantage de l’Académie.

C’est donnant-donnant finalement ?

Voilà. En rentrant à l’ACE, les coureurs donnent aussi une part d’eux-mêmes pour que les entraîneurs puissent progresser et se former. Quand je décide d’entraîner un coureur, je ne le fais qu’à condition qu’ils me permettent d’acquérir de nouvelles connaissances. Eux y gagnent car ils ont un suivi individualisé et très pointu et moi j’apprends à leurs côtés mon métier d’entraîneur. Si je faisais des planifications et qu’il n’y avait aucun retour, je n’apprendrai pas grand-chose. Dans ces cas-là, on arrête assez vite.

Quel est le bilan de l’ACE deux ans et demi après sa création ? Le but a-t-il été atteint ?

A l’origine, on ne s’était pas fixé de but très précis. Cela dit, on imaginait qu’il y aurait beaucoup plus de coureurs avec plus d’actions, plus de stages, plus de rencontres entre coureurs. On s’aperçoit que c’est compliqué car il y a toujours cette concurrence avec les clubs dans laquelle on ne veut pas rentrer. On ne veut pas prendre la place des clubs, surtout pas. On préférerait travailler avec eux pour apporter une plus-value à ce qu’ils réalisent déjà.
Du coup, l’Académie est surtout orientée sur la communication et les échanges entre les entraîneurs. On s’auto-forme.  Le point positif c’est que ça marche bien. On est sollicités pour des choses auxquelles on n’avait pas pensé au départ comme des actions de formation.

C’est quoi un entraîneur pour toi ? Autant de psychologie que de planifications ?

Avec les coureurs que j’entraîne, on échange beaucoup sur les planifications, sur le secteur physique de la performance. Je me rends compte qu’un bon entraîneur est quelqu’un qui est avec son athlète, qui roule avec son athlète. Je serai incapable de faire des planifications d’entraînement sans ce contact humain. Un entraîneur c’est aussi parfois un confident, il a besoin de voir son athlète à l’entraînement ou en course. Si on fait des planifications sans avoir de retours ou d’échanges, on fait forcément des bêtises car la partie humaine et psychologique n’est pas prise en compte.

Quels coureurs entraînent tu aujourd’hui ?

Actuellement, j’entraîne deux coureurs, Vincent Barbeau et Christina Seiller. Ça me va bien. J’en ai eu quatre mais je trouvais que c’était la limite. J’ai un métier, une famille et ça me demandait trop de temps.
Je voulais aussi me recentrer sur l’activité des entraîneurs,  passer plus de temps à regarder les planifications des collègues, à échanger avec eux.

Patrice

 

Propos  recueilli par Guillaume Leroux 

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Publié le avril 24, 2013, dans actualité, Uncategorized, et tagué , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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