Thibault Ferasse poursuit sa découverte

Le néo-professionnel de l’équipe de l’Armée de Terre s’est souvent montré cette saison sans parvenir à s’imposer. Souvent acteur des courses, il se sait en mesure de lever les bras chez les pros.

Thibault Ferasse n’a pas froid aux yeux. Les longs raides à l’avant, ça ne l’impressionne pas. Il en a fait la démonstration dimanche en passant toute la journée devant avec cinq autres coureurs lors de la Roue Tourangelle. Rattrapé à une vingtaine de kilomètres de la ligne, il n’a pas pu jouer la gagne mais fut acteur de la course. « Je cours toujours pour ça, note l’ancien coureur de l’UC Nantes. Après un temps d’adaptation au milieu professionnel, j’ai commencé à courir pour gagner à partir du mois dernier. J’ai eu la chance de jouer la gagne sur plusieurs courses comme Paris-Camembert mais ça n’a pas encore souri. Mais je suis confiant. Sur les manches de Coupe de France, il y a la place pour gagner. »

Cette saison, le Nantais s’est illustré sur des courses de niveau inférieur. Deuxième des Boucles de l’Essor, troisième d’une étape du Tour de Normandie, 8ème de Manche-Atlantique, Thibault poursuit sur sa lancée d’une saison 2015 où il s’était imposé à trois reprises (Tour de Rhuys, une étape du Tour des Deux-Sèvres et une étape du Tour Nivernais Morvan). Ne reste plus qu’à franchir un cap pour lui permettre de briller sur des épreuves plus relevées. « Il ne s’adapte pas trop mal, plaide son entraîneur au sein de l’Académie du cyclisme et de l’entraînement, Didier Crochet. Cette année, on n’a pas vraiment d’objectifs. Il découvre, y va à tâtons mais en tout cas, il se sent plus fort qu’avant. » Surtout, les scénarii des courses professionnelles lui conviennent mieux. « Chez les amateurs, c’est bim-bam-boum dès le départ, et il faut parfois attendre la quinzième tentative pour voir le bon coup partir. Chez les pros, c’est plus organisé. J’aime bien. »

Désormais coureur professionnel, le deuxième de l’ACE après Bryan Coquard, Thibault n’en a pas pour autant changé ses habitudes. Il est resté fidèle à son entraîneur, et à ses méthodes. « Didier me connaît très bien, il connaît mes qualités et mes défauts. Cette relation et les échanges que l’on peut avoir avec les autres entraîneurs ou coureurs de l’Académie nous ont fait progresser tous les deux. » Sa manière de s’entraîner n’a pas non plus foncièrement évolué depuis son changement de statut. « On cherche surtout à travailler ses points forts et le sien, c’est le punch, explique Didier Crochet. Chez les pros, si on n’a pas de spécialités, on reste équipier. »

« Je ne m’entraîne pas plus, confirme Thibault. Les courses sont plus longues que chez les amateurs donc je travaille différemment. Par contre, pour récupérer d’une course, il me faut plus de temps. Si je cours le dimanche, j’ai besoin d’au moins deux jours de repos. » Si Thibault Ferasse a déjà franchi un palier en rejoignant le monde professionnel, il mesure les progrès qu’il lui reste à accomplir. « Les champions que je côtoie en course font attention à tout, à chaque détail. Il me reste du chemin à faire sur ces à-côtés. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre mais ça viendra avec le temps. »

En attendant de tout maîtriser de A à Z, le coureur de l’Armée de Terre va poursuivre sa saison avec quelques ambitions. « Le Grand-Prix de Plumelec, les championnats de France et la Polynormande sont des courses que je vais préparer avec l’intention de bien y figurer. Il y aura des choses à faire un août aussi mais c’est dur de se fixer des objectifs quand on ne connaît pas les courses. » Son potentiel, par contre, il le connaît. Et il devrait lui permettre de s’illustrer dans les semaines ou les mois à venir.

thibaut

Une année de transition pour Bastien Gauchot

Bastien

Victime d’une mononucléose l’été dernier, Bastien Gauchot veut retrouver le rythme pour espérer monter en deuxième catégorie d’ici à la fin de la saison.

On n’a pas beaucoup vu Bastien Gauchot en course durant les deux dernières années. Très occupé par des études de philosophie qu’il mène à Paris et fortement handicapé par une mononucléose à partir de l’été dernier, le coureur de l’UC Nantes retrouve peu à peu ses sensations. « J’ai fait six courses depuis le début de saison, raconte-t-il. J’étais malade pendant les deux premières mais sur les suivantes, j’ai eu le sentiment que les sensations revenaient. » Sa quatrième place à une 2,3,J à Ste-Luce-sur-Loire – La Roche-Blanche en atteste. Vainqueur à La Limouzière (3,J) en juin dernier, l’étudiant a enchaîné les courses pendant les dernières vacances scolaires pour reprendre le rythme et tenter de renouer avec la victoire.

« Cette saison, je n’ai pas vraiment d’objectif précis, ajoute Bastien. J’ai par contre la volonté de bien marcher pour essayer de retrouver une équipe de DN3 la saison prochaine. » Pour cela, il souhaiterait « vite remonter en deuxième catégorie » et « retrouver un niveau de compétition assez acceptable sur des courses de premières catégories en fin de saison ».

Toujours entraîné par Fabien Aoustin, salarié de l’Académie du Cyclisme et de l’entraînement, Bastien, faute de pouvoir rentrer régulièrement en Province, peaufine sa préparation en région parisienne. « Il y a deux circuits sur Paris complètement coupés de la circulation, moi je vais souvent sur circuit de Longchamp, près du bois de Boulogne. C’est une boucle de 4km, c’est un peu monotone, on a vite fait le tour, mais je trouve toujours des gens avec qui rouler et on n’est pas embêtés par les voitures. »

C’est sur cette portion de route que le coureur de l’UC Nantes va préparer deux courses qu’il a déjà coché sur son calendrier : les championnats départementaux et régionaux de troisième catégorie, les 8 et 22 mai. « Ce ne sont pas vraiment des objectifs mais en principe, je ne devrais pas être trop mal à ce moment de la saison. L’idéal, ce serait d’être en forme début mai. » Libéré de ses obligations scolaires, il pourra ensuite consacrer plus de temps au cyclisme. L’été promet d’être chaud pour Bastien Gauchot.

Ronan Garces : « gagner enfin une course »

Pour sa seconde année chez les Juniors, le coureur de Saint-Brévin aimerait enfin lever les bras. Pour cela, il prend déjà de la caisse sur des épreuves nationales.

Cet hiver, Ronan Garces a franchi un palier. Il a quitté le VC Pornichet pour intégrer l’équipe junior de l’AC Brévinois. « Je voulais faire des courses nationales et avoir une équipe, explique-t-il. Pour le moment, ça se passe super bien, on est une bande de copains, on s’entend bien et les résultats suivent avec quatre victoires en mars, dont trois pour Maël Guégan. »

Pour le moment, Ronan n’a pas trouvé l’ouverture. Mais il montre le maillot. « Il a été actif sur des courses comme la Ronde du Printemps ou la Bobet qu’il découvrait« , se félicite son entraîneur au sein de l’Académie du cyclisme et de l’entraînement, Corentin Thibaud. Des courses nationales que le coureur de l’AC Brévinois n’a pas oubliées. « Je ne me rappelle plus de mes places mais j’adore ces courses. Ce sont des courses plus intenses avec un rythme plus élevé mais j’adore l’ambiance, le public, les motos et les voitures qui suivent. »

Ronan, qui vit à Saint-André-des-Eaux (44) est lycéen à Saint-Nazaire. Il passera, en juin, son Bac S. Dans les semaines à venir, le cyclisme ne devrait donc pas être sa priorité. « Au niveau de l’entraînement, c’est un petit peu plus tranquille en ce moment, confirme son entraîneur. On n’a pas encore défini d’objectifs de résultats avec lui, l’important est qu’il sente qu’il progresse. »

En pleine révision, Ronan s’octroiera tout de même quelques jours de break à la fin du mois pour disputer le Tour de l’Eure avec son équipe de l’AC Brévinois. « Je vais disputer un contre la montre par équipes pour la première fois de ma carrière, s’enthousiasme-t-il. « C’est un truc de fou, je vais modifier mon vélo avec des prolongateurs et des roues spécifiques pour l’occasion. » Relevée, cette épreuve ne lui permettra vraisemblablement pas de s’imposer mais lever les bras reste son objectif de la saison. « L’an passé, je reste sur une saison blanche avec seulement trois places de deuxième et une de troisième, note-t-il. Cette saison, je n’ai pas d’objectifs précis si ce n’est celui de gagner enfin une course mais le passage entre Cadets et Juniors n’est pas facile. On verra. » Voilà pour les objectifs sportifs. Car en 2016, l’objectif numéro un est d’obtenir son baccalauréat. Pour se diriger ensuite vers des études de mécanique. De mécanique oui, mais de mécanique cycliste. Avec Ronan Garces, le vélo n’est jamais bien loin.

Ronan

Fiona Dutriaux n’attend plus que le soleil

Active sur les courses de début de saison, la sprinteuse nordiste, nouvelle venue à l’Académie, attaque cette saison 2016 avec ambition.

C’est la dernière venue à l’Académie du cyclisme et de l’entraînement (ACE). Elle n’en est pas pour autant la moins expérimentée. A 27 ans, la Nordiste Fiona Dutriaux compte déjà de nombreuses victoires à son actif dont plusieurs titres de championne de France sur piste et même un titre de championne d’Europe juniors de poursuite individuelle en 2007. Elle se montre également à son avantage sur route avec plusieurs succès, la plupart en Belgique, dont quatre la saison passée. « J’habite à Camphin-en-Pévèle, près de la frontière belge donc je cours essentiellement là-bas, explique-elle. Il y a beaucoup plus de courses qu’en France et c’est plus structuré. Il n’est pas rare que l’on se retrouve à 70 ou 100 au départ d’une course avec des filles de toute l’Europe alors qu’en France, parfois, on court avec les Cadets ou les Juniors. »

Avec son équipe, Autoglass Wetteren cycling team, elle ne dispute quasiment que des courses internationales. Elle a d’ailleurs pris le mois dernier, la troisième place de l’Open Omloop d’Ooike derrière deux athlètes danoises. « Ce n’était que ma troisième course. Je suis plutôt satisfaite de mon début de saison pour le moment », se félicitait-elle quelques heures après ce premier podium en 2016. L’hiver, ce n’est pourtant pas ce qu’elle préfère. « Je n’aime pas trop le froid, reconnaît-elle, donc je compte être en forme dans les jours ou les semaines qui viennent. J’aimerai bien participer aux courses à étapes de cet été comme la Route de France ou le Béné ladies tour, une épreuve que j’apprécie et qui se dispute en Belgique et aux Pays-Bas. »

Pour cela, elle s’appuiera sur les conseils de son nouvel entraîneur, Fabien Aoustin. « On s’est rencontré aux derniers championnats d’Europe sur piste, précise Fiona. Le courant est bien passé et j’avais besoin d’un peu de changement. Fabien me suit sur les programmes d’entraînement mais j’ai aussi un entraîneur dans mon club. » Un doublon qui ne perturbe pas Fabien, salarié de l’ACE. « Avec Fiona, on ne va pas beaucoup se croiser, tout se fera à distance et c’est quelque chose d’un peu nouveau pour moi. C’est bien qu’elle puisse s’appuyer sur quelqu’un d’autre sur place. »

Car Fiona ne devrait pas beaucoup courir en France ces prochaines semaines. « Mon équipe ne se déplace pas forcément sur les courses en France et je n’ai pas non plus toujours du temps pour de longs trajets. » Diététicienne à son compte, elle doit, en effet, jongler entre sa carrière et cycliste et sa vie professionnelle. « J’ai mon propre cabinet donc je gère mon emploi du temps comme je l’entends mais ce n’est pas toujours facile. Le lendemain d’une course, j’aimerai me reposer mais je ne peux pas toujours. » Cela ne devrait pas l’empêcher de préparer sereinement la saison de piste qui redémarrera au printemps. « Les championnats de France et ceux d’Europe à Saint-Quentin-en-Yvelines sont de gros objectifs pour moi. » D’ici là, Fiona aura largement le temps de s’illustrer dans son Nord de la France natal.

Fiona 1

Fiona espère faire comme l’an passé: s’entraîner beaucoup l’hiver pour récolter les fruits de ce travail au printemps !  

Kévin Fouache n’a pas perdu de temps

Kévin F 2

Sur piste ou sur route, le coureur de 27 ans est en grande forme depuis le début de saison. Le résultat d’une collaboration efficace avec Didier Crochet, entraîneur à l’Académie.

Sous ses nouvelles couleurs de Creuse Oxygène, Kévin Fouache n’a pas traîné pour voir son nom s’inscrire dans le haut des classements. Deux fois sur le podium de manches des Plages Vendéennes, il a terminé à la troisième place du classement général. Á son actif aussi en début de saison, une neuvième place à la Flèche de Locminé, une septième au Grand Prix de Louisfert et un nouveau podium sur La Suisse vendéenne, derrière deux Vendée U (Loïc Bouchereau et Taruia Krainer). « Il a été présent dans toutes les courses qu’il a disputées », se réjouit son entraîneur au sein de l’Académie du cyclisme et de l’entraînement, Didier Crochet. Kévin Fouache, lui, savoure. « Je suis super content. Depuis le début de ma carrière, j’avais rarement eu autant de résultats en début de saison. Il me manque juste une victoire sur route. Habituellement, je suis plus un homme de juillet, août, septembre. J’espère que je le serais aussi quand même. »

Pour Kévin Fouache, déjà vainqueur, par ailleurs, cette saison, de trois épreuves sur piste : l’omnium de La-Roche-sur-Yon, la course aux points et l’élimination lors de la première manche du challenge régional, tous les voyants sont donc au vert. Sa déception ne pas avoir été conservé par l’UC Nantes a vite été digérée. « Je crois que ça lui a fait du bien mentalement de partir, explique son entraîneur. Avec l’UC Nantes, en DN1, il courrait pour les autres. Maintenant, il a des responsabilités, il est presque passé d’un statut d’équipier à un de leader. » L’intéressé est du même avis. « Je ne regrette pas mon choix. Ici, j’ai des libertés alors qu’à Nantes, je m’occupais plus du collectif que de moi. »

Ses qualités de coureur complet (« je suis moyen nulle part et très bon nulle part ») devraient lui permettre de briller de nouveau d’ici la fin de saison. « Je prends les courses comme elles viennent, sans objectif précis, précise le coureur de Creuse Oxygène. Les manches de coupe de France DN2 seront importantes mais j’aimerais aussi marcher aux championnats de France piste, aux France de chrono et à ceux de demi-fond ou j’essayerai d’être sélectionné pour les championnats d’Europe. » Le tout grâce à ses qualités et au travail de son entraîneur, Didier Crochet. « Il me suit depuis la fin de saison 2014. Grâce à lui et l’Académie, j’ai passé un cap au niveau de l’entraînement, le suivi est différent, c’est plus professionnel. On a de vrais échanges, des remises en causes constructives qui permettent de progresser. Depuis une saison, je suis passé du ventre mou amateur à un peu mieux. Ce n’est pas anodin… »

L’heure de la confirmation sonne pour Axel Audebrand

Après deux saisons difficiles chez les Juniors, Axel Audebrand, vainqueur ce week-end en Vendée, veut confirmer les espoirs placés en lui lorsqu’il brillait chez les Cadets.

Il y a un petit peu plus de deux ans, Axel Audebrand était un des coureurs les plus prometteurs de sa génération. Vainqueur du réputé Trophée Madiot, sixième du championnat de France cadet, il avait l’étoffe d’un très grand. Mais les deux années qui suivirent furent plus compliquées pour lui. « En minimes et cadets, je gagnais quasiment tous les week-ends, je trouvais ça facile, confirme le coureur du POC Côte de Lumière. Mais une fois en juniors, je n’ai pas trop marché, j’ai gagné une course en J1 mais aucune en J2. Peut-être était-ce un manque de confiance ou de force, je ne sais pas. Au début, ça m’avait un peu démoralisé mais c’est juste qu’il fallait plus travailler. » Du coup, sa victoire en solitaire dimanche aux Herbiers dans une 2,3,J l’a comblé de bonheur. « Ça fait plaisir car ça faisait presque deux ans que je n’avais pas gagné. C’était une course de 100 km, bien moins longue que celles auxquelles je participe d’habitude. J’ai été devant toute la course, j’ai gagné les points chauds et dans la dernière bosse, j’ai attaqué pour finir tout seul. J’ai vraiment fini à fond. »

Avec cette victoire, le voilà récompensé de son travail hivernal. Pour renouer enfin avec le succès, l’étudiant en BTS Management des unités commerciales avait mis les bouchées doubles à l’entraînement. « J’ai fait pas mal de piscine et un peu moins de vélo, explique-t-il. J’arrive chez les Espoirs, j’ai besoin de prendre de la caisse. » Sa découverte des courses élites ne fut pas d’ailleurs pas qu’une partie de plaisir. « J’ai eu, c’est vrai, un peu de mal sur les trois ou quatre premières courses de la saison. Le rythme de courses n’est pas le même qu’en juniors, ça va beaucoup plus vite et le niveau est plus relevé. C’est beaucoup plus dur de faire des places d’honneur. » Il ne s’en était pour autant pas trop mal sorti pour un néophyte des courses de ce niveau avec une 17ème à la Suisse vendéenne ou une 25ème place à Redon-Redon.

Et si Axel découvre de nouvelles courses cette saison, ce n’est pas la seule nouveauté. Il s’est également entouré d’un nouvel entraîneur : Didier Crochet. « Je le connais depuis qu’il est minime, précise l’intéressé. Il n’avait plus d’entraîneur, il m’a demandé et ça m’a intéressé. » Car durant ces deux années de Juniors, Axel était encadré, chouchouté, choyé. « Je faisais partie du B’Twin U19 racing team, une structure qui regroupe quelques-uns des meilleurs cadets et juniors du pays, précise le coureur du POC. Nous avions des vélos, participions à des entraînements collectifs, des stages et étions conseillés sur la nutrition, la récupération… »

A sa sortie des juniors, Axel a donc dû dire adieu à ces privilèges et a cessé sa collaboration avec Nicolas Boisson, l’entraîneur de la structure. Didier Crochet s’est alors fait une joie de démarrer une nouvelle aventure avec un jeune coureur de 19 ans. « C’est un garçon sérieux qui a envie de progresser, relate Didier. Cette saison, il apprend, il découvre les courses Elites. Avec lui, il faut laisser du temps au temps. Il a du potentiel et je pense même que Thibaut Ferrasse n’était pas plus fort que lui à la sortie des Juniors… » Et quand on connaît la suite de la carrière du coureur de l’Armée de terre, Axel Audebrand a toutes les cartes en main pour réussir la sienne.

AXel A

L’adaptation parfaite d’Axel Journiaux

Vainqueur fin mars des Boucles Guégonnaises et deuxième d’une manche des Plages Vendéennes, Alex Journiaux découvre la DN1 avec un appétit d’ogre.

Fraîchement débarqué au sein d’une des meilleures formations françaises, Axel Journiaux n’aura pas mis longtemps à se faire remarquer. Présent dans la bordure mémorable du team Vendée U lors d’une des premières manches des Plages Vendéennes, il avait ce jour-là pris la deuxième place. Une course avec les blancs et rouges et déjà un podium, l’ancien coureur du Team Pays de Dinan pouvait difficilement rêver meilleure adaptation. Quelques semaines après, et en solitaire, il s’imposait sur les Boucles Guégonnaises. « Ce jour-là, tous les feux étaient au vert, se souvient-il. Je ne pensais pas être en forme si tôt. Nous devions participer au Tour de Bretagne (25 avril – 1er mai) mais n’avons finalement pas été invités donc je n’avais pas eu le temps de bien préparer les classiques bretonnes. » C’est donc avec une préparation tronquée qu’il est venu dans le Morbihan s’offrir sa deuxième victoire en Elite nationale, quelques mois après une étape du Tour des Deux-Sévres.

« On ne s’y attendait pas du tout car Axel sortait d’une grosse semaine d’entraînement, confirme son entraîneur au sein de l’Académie du cyclisme et de l’entraînement, Corentin Thibaud. C’est une période qui lui réussit bien puisque l’année dernière, il avait, début avril, remporté deux courses et pris la deuxième place du Circuit du Méné. »
Peu importe le maillot qu’il porte, Axel Journiaux est donc un homme du printemps. Et même s’il a dû, à regret, faire une croix sur le Tour de Bretagne, les objectifs pour la suite de la saison ne manquent pas. « En ce moment, on prépare Liège Bastogne Liège espoirs qui aura lieu le 16 avril, précise son entraîneur. C’est une course qu’il n’a jamais disputé et où il voudra se montrer le plus performant possible. » Le premier concerné ne dément pas même s’il admet que l’épreuve belge n’est pas « l’objectif suprême. Je vais découvrir mais je pense que ce peut être un terrain à ma convenance, j’espère prendre le départ avec la meilleure condition possible. »

Viendra ensuite l’été où Axel, étudiant en deuxième année de Staps à Angers, ne manquera, là encore, pas d’objectifs pour briller sous ses nouvelles couleurs, lui qui s’était imposé à trois reprises la saison passée. « J’ai été très bien accueilli à Vendée U, se réjouit-il. J’étais très bien à Dinan mais j’avais besoin de découvrir autre chose, des courses plus relevées, c’était la suite logique à donner à ma carrière. » Une carrière linéaire qui pourrait le mener, qui sait, vers une structure professionnelle, comme tant d’autres anciens coureurs du Vendée U, à commencer par Bryan Coquard. Ou comme Thibaut Ferrasse (Armée de terre), lui aussi membre de l’Académie.

 

Axel JourniauxAxel en reconnaissance de Liège Bastogne Liège Espoirs. 

Iris Sachet, les études avant tout

Iris 2016La sprinteuse nantaise, qui a changé d’équipe cet hiver, donnera jusqu’à cet été la priorité à ses études. Elle ambitionne ensuite de briller avec sa nouvelle formation ou sous le maillot de l’équipe de France.

Cette saison, Iris Sachet a troqué son maillot du Nantes Doulon VS pour celui de l’équipe DN17 Poitou-Charentes. Une formation de l’élite féminine qui devrait lui permettre de se confronter plus régulièrement au très haut-niveau. « J’ai une vraie équipe où l’on bosse les unes pour les autres, se réjouit-elle. On a en plus un programme sympa avec quelques courses de niveau international. » Il y a un mois, à Chambéry, c’est d’ailleurs sa coéquipière Marjolaine Bazin qui s’est imposée lors de la première manche de la Coupe de France.  » J’étais bien placée pour la gagne mais j’ai cassé ma roue à 500 mètres de la ligne, raconte Iris. Ce n’était que ma deuxième course de la saison. »

Si Iris court peu cette saison, c’est que son emploi du temps ne lui en laisse guère le temps. Désormais en Master 2 de Staps à l’université de Nantes, elle fait de sa réussite scolaire une priorité. « Cette année, je vais beaucoup plus privilégier les études pour ne pas rater mes examens, reconnaît-elle. J’aimerai ensuite décrocher une thèse pour pouvoir faire de la recherche. » Un sacré programme, bien plus précis que son calendrier cycliste. « J’avais un objectif en mai en Chine avec l’équipe de France mais le déplacement a été annulé, regrette-t-elle. D’ici cet été, je n’aurai donc pas trop d’objectifs si ce n’est celui de prendre du plaisir à faire du vélo. Je ferais au mieux, ça, c’est certain. »

Cet été, Iris, libéré provisoirement de ses contraintes scolaires, mettra de nouveau le vélo en tête de ses priorités avec des courses à cibler avec son entraîneur, Fabien Aoustin. « Il y a la Course by le Tour sur les Champs à laquelle j’aimerai participer comme l’année dernière et aussi peut-être la Route de France ou d’autres courses avec l’équipe de France. Je calerai tout ça une fois que j’aurai terminé les cours. »

Vainqueur à quatre reprises la saison passée, la sprinteuse s’attend à connaître moins de réussite en 2016. Pour elle, l’essentiel est ailleurs. Mais aux beaux jours, lorsque cahiers et stylos auront été rangés au fond du tiroir, on devrait de nouveau là retrouver au plus haut des classements.

« Il y a un an, on ne pensait pas en être là aujourd’hui »

L’assemblée générale de l’association a eu lieu il y a quelques jours, en marge du stage de reprise. Après ce rendez-vous, Fabien Leduc, président de l’ACE, revient sur l’évolution de la structure et les nouveaux défis qui l’attendent.

Le rassemblement a eu lieu le week-end du 11 novembre à Guenrouet. Quel bilan en tires-tu ?

« Ça s’est très bien passé, c’était un beau week-end. Je n’ai pas pu le vivre pleinement, à regrets, mais tout le monde était très content. Les membres ont pu rouler avec un pro (Jérôme Pineau était présent le lundi), quelques jeunes se sont donnés les moyens d’être là. »

Des parents ou des proches ont aussi pu mieux comprendre le travail de l’association…

« C’est important, oui. Dans l’association, il y a un pourcentage assez élevé de jeunes mais qui sont majeurs ou presque. Les parents ne s’impliquent pas forcément autant auprès d’eux. Là, on a pu avoir un contact avec certains. Ça permet aussi de raccrocher du monde, de leur montrer les besoins nécessaires pour faire vivre l’association. »

Plus généralement, la saison a permis à l’ACE de grandir encore. Que retenir de 2014 ?

« L’association a pris de l’ampleur avec l’arrivée d’un deuxième coureur professionnel (Jérôme Pineau). On avait donc deux pros, qui en plus s’entendent très bien. Ça a permis de créer une dynamique autour d’eux, de faire naître quelque chose d’intéressant. Les jeunes ont eu une source de motivation en plus pour s’investir. Cette année, la visibilité de l’association a également été beaucoup plus importante. On a + 600 fans sur notre page Facebook, le site fait 800 visites mensuelles, contre 300 l’an dernier. La visibilité croît. La conséquence, c’est qu’on a une augmentation du nombre de demandes de coureurs. Ce n’est pas pour nous déplaire, cela montre qu’il y a un réel besoin, une vraie demande. Mais c’est aussi un challenge de voir comment on peut y répondre. On ne peut pas être un nombre infini. »

Justement, l’association a-t-elle vocation à se développer davantage ?

« L’objectif numéro 1 reste le regroupement d’entraîneurs. On est donc ouvert à élargir encore le cercle. Si on a de nouveaux entraîneurs, ça peut ouvrir la porte à de nouveaux coureurs, mais dans un second temps. Là, on va prendre en compte les demandes mais on va fonctionner sur un nombre de places limité, avec une liste d’attente et une petite sélection sans doute, même si ça reste encore à définir clairement. Les choses avancent très vite. Il y a un an, on ne pensait pas en être là aujourd’hui. La structure a besoin d’évoluer. »

Souhaitez-vous vous élargir localement ou avec des entraîneurs d’autres horizons ?

« En 2014-2015, on ne peut pas se le cacher, il faut être moderne. On se verra sans doute de moins en moins souvent si on fait grossir les rangs, avec des gens qui sont plus loin. Après, si on peut « recruter » local, c’est idéal malgré tout pour les rassemblements. Mais le réseau se développe. »

L’association a-t-elle gagné en crédibilité ?

« C’est difficile à dire. On a envie de dire « oui » car la visibilité plus importante nous en donne l’impression. On ne peut pas vraiment le mesurer. On est plus visible mais des gens qui ne nous connaissent pas bien ont peut-être toujours un peu de mal à comprendre notre démarche. A nous de travailler pour se « dédiaboliser ». Mais on a des exemples concrets qui nous rendent plus crédibles. Début novembre, on a signé une convention avec la FFC pour la mise à disposition de notre salarié (Fabien Aoustin) auprès de l’équipe de France sur piste.* C’est une reconnaissance de ce qu’on peut proposer. »

Avec ces nouvelles prestations, notamment cet hiver pour Fabien Aoustin, la question se pose-t-elle d’avoir recours à un autre salarié ?

« C’est trop tôt. Fabien va être bien pris mais ça reste pour une période de quatre mois. L’entraînement ne pourra pas faire vivre un autre salarié, à moins d’avoir une vingtaine de coureurs. Mais ça ne correspond pas à ce qu’on veut en termes de qualité de prestation. Il faudrait se développer vers des activités complémentaires, régulières. Pour l’instant, on n’est pas à la recherche de cela. On y va doucement. Si on voit qu’il y a des besoins, notamment de clubs, on verra. On n’est fermé à rien mais il faut prendre son temps. On veut d’abord renforcer notre équipe bénévole. »

* Fabien Aoustin est chargé cet hiver du suivi et de l’analyse vidéo auprès de l’équipe de France.

AG 2014

Propos recueillis par Vivien LEROUX

« Trouver des solutions pour continuer de répondre aux objectifs »

Fabien Aoustin, entraîneur et salarié de l’Académie dresse le bilan de l’année 2014 et présente les projets à venir avant le rassemblement collectif et l’assemblée générale, moment où la question de la capacité de la structure à grandir encore se posera.

En 2014, l’association a mis en place de nouvelles choses, notamment les séances de musculation en groupe. Quel est le bilan ?

« On a pu mettre en place pas mal de choses l’an dernier, notamment dans la préparation physique, avec ces séances de muscu. Je me suis beaucoup investi pour trouver une salle et travailler en collaboration avec Vincent Lefèvre. Ça a pris son envol l’an dernier. Je crois dans l’intérêt de la muscu, c’est un gros gain de temps. Mais je me suis rendu compte que c’est hyper compliqué à organiser pour avoir un suivi régulier. Pour se caler avec Vincent, les salles, on a parfois dû un peu bricoler. C’est super compliqué à mettre en place. On doit essayer de trouver des solutions : continuer en salle ? Proposer des séances à domicile ?

Il faut essayer des choses, prendre les devants. Mais on est quand même satisfait du travail effectué, notamment avec les élites. »

D’autant que ce système a permis de constituer un petit groupe d’entraînement ?

« C’était aussi le but : créer un groupe autour des athlètes habitant près de Nantes. C’était facile avec Bryan et Jérôme mais on voulait aussi intégrer des amateurs. Ça s’est bien fait avec Thibaut, Vincent ou Iris. Un petit noyau a commencé à se créer. »

Cette année a aussi permis d’élargir le groupe d’entraîneurs, notamment avec des spécialistes d’autres régions…

« Au départ, notre intention était de travailler avec un groupe très local mais on n’a pas forcément réussi à attirer les entraîneurs locaux. De par notre réseau, on a plus mis en place une collaboration au niveau national. On est désormais une dizaine d’entraîneurs et il y a encore des demandes. La plupart des échanges se font via une plateforme à distance. On peut encore élargir le groupe mais le seul souci, c’est le temps que ça prend. Si on grandit, il faudra quelqu’un pour gérer, mettre des liens, faire vivre le groupe.  On doit aussi se questionner à ce sujet, trouver des solutions pour continuer de répondre aux objectifs de l’association. Pour bien travailler, doit-on mettre un petit coup de frein ? Il faudra le définir. »

De nouveaux coureurs sont-ils attendus pour l’an prochain ?

« Je suis en discussion avec Sylvain Blanquefort (UC Nantes, ancien champion de France amateur) et Didier est en contact avec Kévin Fouache (Uc Nantes). On aura donc peut être trois coureurs de Nantes. Ça peut être l’occasion de se rapprocher de l’équipe. Nous sommes aussi en contact avec de jeunes coureurs, nous officialiserons tout ces contacts dans quelques jours.»

D’ailleurs, l’image de l’association auprès des équipes et des suiveurs évolue-t-elle ?

« Parfois, les objectifs de l’association ont été mal perçus, notamment au sein des équipes. Mais on veut faire comprendre qu’on est là pour aider les coureurs et donc les équipes. Ça prend forme. Aujourd’hui, des clubs nous appellent pour intervenir auprès d’eux.  Les mentalités changent, ça évolue. Ça fait 5 ans qu’on existe. Même si ça reste un petit projet, les clubs commencent à comprendre notre logique. On est plus reconnu dans le milieu. »

D’un point de vue personnel, as-tu l’impression que l’année passée t’a encore fait évoluer dans tes compétences ?

« J’ai encore beaucoup appris, notamment grâce au travail effectué avec Jérôme Pineau, sa connaissance de la course. Avec Bryan aussi, j’ai appris, au moment de son coup de bambou d’après Tour. Je n’ai pas su lui dire de couper vraiment.  Mais l’année a également permis de travailler avec les autres entraîneurs, d’échanger : avec Patrice, avec Xavier pour le sprint, Didier pour la cadence de pédalage, etc. C’est tout le temps une remise en question. C’est le gros point positif de l’association, ces relations. C’est très important pour moi et pour les coureurs. »

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Propos recueillis par Vivien Leroux

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