Bryan Coquard : « Etre champion du monde à Paris »

Pour sa deuxième saison pro, Bryan Coquard (Europcar) a encore garni son palmarès et participé  à son premier Tour de France. Ses ambitions seront encore plus importantes en 2015. Mais avant cela, le coureur entraîné par Fabien Aoustin renouera cet  hiver avec ses premières amours sur la piste. Objectif : les Mondiaux de février sur le vélodrome de Saint-Quentin.

La saison sur route vient de se terminer. C’est l’heure du repos total ?

J’ai coupé depuis un mois déjà, suite à ma blessure au Grand Prix d’Isbergues (entorse acromio-claviculaire). Ma coupure aurait dû être moins longue mais ce n’est pas plus mal. Ça fait vraiment du bien de débrancher car l’hiver va être difficile. Un mois après le Tour de France, j’ai subi le contrecoup, avec un passage où je n’étais vraiment pas bien. Sur la lancée du Tour, j’ai continué à bien m’entraîner, peut-être trop. La blessure, même si c’est toujours chiant, était peut-être un mal pour un bien. J’ai coupé plus tôt mais je vais reprendre plus tôt.

Quand est prévue la reprise ?

Je vais partir deux semaines en vacances (entretien réalisé le 23 octobre) et dès mon retour, je pars en stage avec l’équipe de France sur piste.

Ta préparation hivernale va être chamboulée par rapport aux années précédentes avec ta saison de piste…

Ce sera complètement différent, oui. Les premières échéances vont venir très vite avec une classe 1 sur piste à Gand dans trois semaines. Ça va faire un peu « short » mais c’est comme ça. Ensuite, il y aura une épreuve de Coupe du monde à Londres début décembre où je ferai surement l’américaine, et la course aux points. L’objectif est d’être prêt pour les Mondiaux à Saint-Quentin.

Sais-tu déjà à quelles épreuves tu participeras ?

Ma place n’est pas encore faite, je devrai aller la chercher. Mais j’ai demandé à la fédération d’avoir des garanties dès mon retour de vacances. J’ai des obligations sur la route envers mon employeur et je ne peux pas  faire tout un hiver sur la piste si je ne fais pas les Mondiaux. Ça peut sembler tôt pour demander ça sachant que ça fait longtemps que je n’ai pas été sur la piste, mais j’ai déjà prouvé mon niveau.

C’est vraiment l’organisation des Mondiaux à Paris qui t’a décidé à reprendre la piste ?

Clairement oui. J’ai envie d’être champion du monde à Paris. Avec Thomas Boudat, on est deux jeunes à fort potentiel. Je crois que beaucoup de nations rêveraient d’avoir une paire d’américaine comme la nôtre.

Comment vas-tu te préparer par rapport aux années précédentes ? Que du vélo ? Pas de piscine par exemple ?

On n’a pas encore tout calé avec Fabien mais c’est sûr que je ne vais pas faire de piscine, ou peut-être un peu en décembre. Il y aura toujours un peu de gainage, de la muscu mais le souci c’est que je ne vais avoir trop de temps. J’aurai un mois pour être performant sur le vélo.

La piste change la donne pour ton début de saison sur route ?

Les deux calendriers sont liés. J’irai à Londres en décembre mais ensuite je pars au Tour down under en janvier avant de faire le GP Fenioux sur la piste, puis l’Etoile de Besseges et les Monde. Je pourrais continuer jusqu’à Paris-Nice avant de couper.

Tu viens de finir ta deuxième saison pro, la première en World Tour, avec ton premier grand tour. Physiquement, tu penses avoir passé un cap ?

C’est certain. Je l’ai senti très vite. Sur la route Adélie ou Paris-Camembert, je ne vais pas dire que c’était facile, mais c’était vraiment du vélo « plaisir ». C’était très agréable. Avec un grand tour en plus, je pense qu’il peut encore y avoir une différence. Je suis pressé de voir l’année prochaine. Je suis motivé, j’aimerais gagner en World tour.

Quel type de coureur veux-tu être : un sprinteur ou un profil plus complet ?

Je veux être un sprinteur qui passe bien les bosses. Je vais travailler encore plus physiquement pour ça.

En dehors de la route, les JO 2016 sont-ils un objectif ?

Je ne peux pas encore le dire. Pour l’instant, je me concentre sur les Mondiaux. Après, on verra… Les JO, c’est à la fois dans longtemps et dans pas très longtemps. En omnium, il n’y aura qu’une place et Thomas Boudat est champion du monde sortant. Il faut voir mais je ne pourrai pas tout faire. Et si j’y vais, c’est pour être champion olympique. Le défi me plairait mais je dois peser le pour et le contre.

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Propos recueillis par Vivien Leroux 

Les deux casquettes de Sébastien Grédy

Le directeur sportif du SCO Dijon a rejoint l’association après avoir passé son DEJEPS CT d’entraîneur à Poitiers.

C’est une condition « sine qua non » imposée par la fédération : pour exercer en tant que directeur sportif (DS) en DN1, le brevet d’Etat d’entraîneur de cyclisme traditionnel est obligatoire. Sébastien Grédy n’a donc pas vraiment eu le choix. « Je ne vois pas bien le rapport entre le DE et le fait d’être DS, concède l’ancien coureur. Les deux choses n’ont pourtant pas grand-chose à voir. » Qu’importe, Sébastien a pu mettre à profit cette opportunité pour élargir sa palette de compétences. « En parallèle de mon rôle de DS, j’entraîne deux de mes coureurs du SCO. » Preuve qu’il apprécie aussi sa nouvelle casquette. « Quand j’étais coureur, je m’intéressais pas mal à l’entraînement. Et puis j’ai eu Julien Pinot (coach de la fdj.fr) comme entraîneur. Il m’a présenté son approche plus scientifique. »

L’ACE lui permet d’ouvrir ses horizons. « J’ai rejoint l’association comme deux amis, Rémy Deutsch et Xavier Pérez. Rémy a une vision assez scientifique également. Avec l’ACE, et notamment Fabien, l’approche est complètement différente, la préparation passe par la pratique de plusieurs sports. C’est important de prendre en compte les expériences de tout le monde. Dans ce secteur, rien n’est jamais figé. »

Bien occupé par ses responsabilités de DS dans un club de DN1 et habitant Grenoble, Sébastien est obligé de travailler un peu à distance de ses deux protégés. Même s’il les voit en course le week-end. « Je ne peux pas faire comme Fabien, qui est vraiment proche de ses coureurs, va rouler avec eux. Ce n’est pas le même travail, je n’ai pas leur ressenti en direct. Mais je les vois évoluer. »

Désormais entraîneur et DS, Sébastien Grédy ne regrette pas son passage par Poitiers et les contacts avec ses différents collègues. « ça m’a apporté plein de choses », concède-t-il. A tel point qu’il entend bien conserver ses deux activités. « On est deux DS, ça me laisse un peu de temps pour entraîner… »

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Propos recueillis par Vivien Leroux

Corentin Thibaud passe de l’autre côté

Coureur en 1ere catégorie cette saison, Corentin Thibaud va entamer dans quelques jours la formation du DEJEPS Cyclisme Traditionnel à Poitiers pour devenir entraîneur.

Il avait déjà tenté sa chance l’année dernière. « En sortant du bac, je voulais faire cette formation. » Mais le jury lui avait dit de repasser après avoir pris un peu de bouteille. Un an après, Corentin Thibaud a retenté sa chance. Et cette fois, il a été retenu. Il fera donc partie de la promotion 2014-2015 de cet formation d’Etat.

« J’ai toujours voulu faire ça, explique celui qui est aussi coureur au PO Côte de Lumière. Depuis tout petit, je suis passionné par l’entraînement. » Ces derniers-mois, alors qu’il venait de passer en 1ere catégorie après un titre de champion de Vendée de 2ème catégorie en 2013, Corentin a commencé à entraîner deux jeunes juniors de son club et quelques minimes. « J’ai eu du temps car je n’ai couru que jusqu’au Tour de la Manche. J’ai dû abandonner à cause d’un problème au genou et à l’artère. J’avais tout le temps mal et ne pouvais pas rouler plus de 10 heures par semaine. En première catégorie, c’est impossible. » Depuis, Corentin n’a pas repris la compétition et repassera en 2ème catégorie la saison prochaine.  « C’est frustrant de se sentir en forme et d’avoir des limites physiques mais je veux continuer à courir quand je le pourrais. »

En attendant, le protégé de Fabien Aoustin prépare sa rentrée, où il retrouvera son entraîneur en tant que formateur. « On a la même vision, plus ou moins les mêmes idées. J’aime faire autre chose que du vélo, avec la marche, la natation,… » Pour lui, « on est sportif avant d’être cycliste ». Toute la saison, il sera en alternance au sein de son club avec les juniors. « C’est vraiment l’entraînement qui m’intéresse. Directeur sportif, j’aimerais essayer mais ça m’attire moins. » L’approche collaborative de l’association est ainsi primordiale pour un coach en herbe.  « Pouvoir discuter, échanger, c’est vraiment intéressant. »

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Propos recueillis pas Vivien LEROUX

La belle fin d’été d’Iris Sachet

Deuxième fille du groupe, Iris Sachet, 20 ans, a rejoint l’association au printemps dernier, auprès de Fabien Aoustin, avec qui elle va préparer les championnats de France sur piste, en octobre prochain.

Le début du mois d’août a été prolifique pour Iris Sachet. La jeune espoir 2 de Nantes Doulon a remporté la Semaine cantalienne, devant un peloton hexagonal. « C’est une course qui regroupe six épreuves avec un classement général aux points, explique-t-elle. J’ai aussi remporté la dernière course. » Au passage, elle devance Fleur Faure d’Aix-en-Provence et Ophélie Fénart d’Île de France. « Ce n’est pas forcément le même niveau qu’une épreuve de Coupe de France mais c’est une bonne référence. »  Iris a décroché là son deuxième succès de la saison après sa victoire sur une manche du challenge féminin des Pays de la Loire.

Ancienne championne de France sur route en cadettes et juniors, l’étudiante en STAPS a changé d’entraîneur il y a quelques mois pour se rapprocher de Fabien Aoustin. « On a commencé début mai. Mon père m’entraînait depuis longtemps. Après avoir discuté, on s’est dit que ce serait bien de changer et que ce soit quelqu’un de l’extérieur qui intervienne. Comme mon père connaissait Fabien… » Si elle n’a pas encore goûté à la préparation hivernale avec l’ACE, Iris Sachet ne devrait pas être totalement en terrain inconnu. « Les bases de l’entraînement seront globalement les mêmes. Mon père travaillait aussi en me faisant faire différentes disciplines, notamment beaucoup de natation. »

En cette fin de mois d’août, la saison sur route d’Iris est quasiment bouclée. Désormais, elle se tourne vers son dernier grand objectif de la saison, avec les championnats de France de piste. Une discipline dont elle a déjà été championne de France chez les jeunes. « Je fais plus de l’endurance, de la course aux points. »

Consciente qu’elle ne vivra jamais de son sport –« c’est quasiment impossible »-, la sociétaire de NDVS entend surtout « se faire plaisir » dans les années à venir et pourquoi pas « être au meilleur niveau national voire international ». Les études resteront donc son objectif prioritaire. « Je vais me diriger dans la recherche dans le sport, je ne sais pas trop encore précisément vers quoi.  Je n’ai pas encore tout à fait les idées claires à ce sujet mais les connaissances de l’entraînement pourraient être intéressantes pour moi. »Iris 2014

 

Propos recueillis par Vivien Leroux 

Josselin Clair en bleu-blanc-rouge

Membre de l’association depuis l’hiver dernier, le coureur du Maine-et-Loire a gagné le championnat de France des journalistes, dans la Manche.

Josselin Clair serait-il le François Hollande du vélo ? Depuis quelques semaines, les apparitions en course du « cyclo-sportif » angevin se font avec le même camarade de fortune : la pluie.

Il y avait eu l’Etape du Tour, au cœur du mois de juillet. Trempé et frigorifié dans la descente du Tourmalet, le coureur du Team U Anjou, avait dû lutter jusqu’au bout pour ne pas bâcher et finalement terminer l’ascension vers Hautacam. Le week-end dernier, Josselin Clair participait au deuxième grand rendez-vous de sa saison. Et, rebelote, encore des trombes d’eau à Saint-Martin-des-Landelles, pour le championnat de France des journalistes. Mais le plus faible kilométrage (50 bornes) et la difficulté relative du parcours n’a pas exposé le protégé de Fabien Aoustin à la même mésaventure que dans les Pyrénées.

« J’avais dit à Josselin et Freddy (Reigner, autre membre de l’asso) qu’ils devaient viser le top 10, explique le coach. Arrivé sur place, je leur ai dit qu’il fallait être dans les 5. » Dans un peloton d’une vingtaine de coureurs à peine, les deux Angevins se sont rapidement détachés avec les plus costauds, Josselin Clair se montrant le plus fort dans les derniers kilomètres. « Je n’avais jamais levé les bras ! », notait le photographe du Courrier de l’Ouest dans les colonnes de « son » journal. Pour une première, Josselin s’offre un maillot tricolore, la Marseillaise et la petite interview de Daniel Mangeas, présent sur place en tant que local de l’étape. Son « coéquipier » de l’académie, Freddy Reigner, échoue lui au pied du podium. Pas mal pour un quasi quarantenaire !

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Propos recueillis par Vivien LEROUX 

Première victoire et quelle victoire pour Thibault

Nous souhaitons féliciter Thibault pour cette très belle victoire à la première étape du Tour de Mareuil-Verteillac-Ribérac (Challenge National Espoir).
Le travail finit toujours par payer, bravo !

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Jérôme Pineau : « Je reprends du plaisir à l’entraînement »

Jérôme Pineau a rejoint l’association l’hiver dernier. A 34 ans, le coureur professionnel d’IAM cycling va aborder samedi son 13e Tour de France (Bryan Coquard, l’autre coureur pro de l’association le découvrira lui pour la 1re fois). L’ancien des équipes Bonjour et Omega Pharma explique pourquoi il a décidé d’entamer une collaboration avec Fabien Aoustin il y a quelques mois.

 

Comment es-tu entré en contact avec l’association ? Via Bryan Coquard ?

Jérôme Pineau : « Ma volonté c’est d’accompagner Bryan dans ce qu’il fait au jour le jour pour pouvoir l’aider plus tard. Et moi, après avoir quitté Omega où j’avais quelqu’un qui me suivait pour l’entraînement, je trouvais super sympa ce que faisait Bryan. On discutait beaucoup de l’entraînement, de sa diversification, de son approche très ludique, surtout l’hiver. Du coup, je me suis dit « il faut que je rencontre ce fameux Fabien », voir ce qu’il dit, ce qu’il fait. On s’est rencontré en octobre ou novembre. J’ai exposé mes envies, il a exposé ses capacités à me faire évoluer. Ça a tout de suite bien marché. On a fait des choses ensemble pour tester au départ. On a la même vision des choses. C’est l’athlète qui doit aller vers l’entraîneur et pas l’inverse. Surtout, c’est une complicité. Ça ne peut pas être un chef et un exécutant. C’est un duo. De fil en aiguille, ça s’est mis en place gentiment. Tout l’hiver on a travaillé en salle avec Vincent, un prof de muscu renforcement, avec des circuits hyper ludiques. Plus du travail en extérieur, dans les marches pour l’explosivité, en piscine. L’avantage c’est que Fabien est auprès de nous tout le temps. Après, ça s’est mis en place pour le vélo. »

« Un nouvel élan avec Fabien et l’association »

 

Le fait d’être un pro avec 13 ans de carrière alors que Fabien a 28 ans et n’a jamais été pro, ça ne t’a pas rebuté ?

«Non, je ne suis pas de ceux qui disent qu’il faut avoir été pro pour faire un bon entraîneur. Il faut avoir fait quand même un peu de vélo. Mais Fabien en a fait, il connaît. Un grand champion n’est pas forcément un grand conseiller, ça dépend. Derrière tous les champions ou les pros, il y a quelqu’un, que ce soit un entraîneur, un ami qui conseille… J’ai toujours eu un suivi, jamais fait tout tout seul. Je fais encore des choses seul, je sais comment faire. Mais avoir un conseil de quelqu’un qui étudie et qui est toujours à la page, c’est très enrichissant. C’est très important de se remettre à zéro, se remettre en question en permanence. Tu ne peux pas dire c’est comme ça que j’ai fait l’an dernier, j’ai tout gagné. Faire la même chose deux années de suite, ce n’est pas possible. Fabien, c’était sa petite appréhension de dire « il a de l’expérience ». Justement, il y a trop d’années passées à faire toujours la même chose. Il ne faut pas tomber dans la routine. Du coup, on a réussi à trouver un nouvel élan avec Fabien et l’association. Je reprends du plaisir à l’entraînement. Je fais beaucoup moins de charges quantitatives et plus de qualité. Tout l’hiver s’est passé super bien avec la piscine, la marche, la pliométrie, la salle, plein de choses. »

L’approche pluridisciplinaire, c’est complètement nouveau pour toi ?

« J’ai passé beaucoup d’années avec l’ancienne méthode où il n’y avait pas d’entraîneur et c’était « roule, roule ». Après, chez les Belges, il y avait quelques exercices de renforcement musculaire. L’hiver, je me prenais en main seul. L’avantage de tout ça, c’est quand on va en piscine, on a des séances où on est au moins tous les deux avec Bryan. Il y a une espèce de petite compét entre nous et d’émulation. En plus Fabien est souvent là, avec nous dans l’eau. Il corrige les défauts. Je n’ai jamais autant progressé en natation que cet hiver. Je n’ai jamais pris autant de plaisir à nager. C’est un vrai bonheur. La « pluridiscipline » permet aussi de ne pas arriver en janvier avec la tête pleine de kilomètres et d’en avoir marre. C’est hyper important. Et la condition physique est super bonne. C’était mon meilleur début de saison depuis 5 ou 6 ans. »

« Les plus grands champions ont un staff extérieur à l’équipe »

Le fait que tu changes d’équipe et que tu aies plus de responsabilités t’a incité à modifier tes méthodes ?

« Je savais que j’allais rouler plus pour moi donc il fallait réadapter. On ne s’entraîne pas pareil quand on veut être équipier ou quand on veut gagner des courses. Il fallait refaire des choses que je n’avais plus faites depuis un moment. Surtout, ma volonté était de retrouver les sensations que j’avais quand c’était « quartier libre », quand il fallait aller dans les échappées de bonne heure. Ce n’est pas la même approche que quand il faut rouler pendant trois heures. Donc oui, on a changé les méthodes. Et puis j’avais envie d’être auprès de Bryan encore plus pour l’aider. Des garçons talentueux comme lui je n’en ai jamais vu. Il est adorable, à l’écoute mais qui va vite arriver à ses limites dans son encadrement professionnel. Il lui faut des aides extérieures pour qu’il aille plus haut. Il faut se créer vite son staff. Je l’ai appris à l’étranger. Les plus grands champions, que ce soit Boonen, Cavendish, Sylain (Chavanel) ont un staff extérieur à l’équipe. On a beau être dans une équipe, on ne peut pas s’occuper de 30 coureurs. »

L’approche associative peut donc aider sur ce point, pour travailler avec différentes personnes ?

« Oui, c’est pour ça que cette association est très enrichissante très importante. Je dirais même qu’on peut encore la faire progresser. J’en discute beaucoup avec Fabien. Pour la faire progresser aussi du côté administratif, aide juridique et contrat/management. Ça fait partie de ce petit staff qu’il faut se créer rapidement. On porte un maillot, certes, mais ta vraie boutique à toi, c’est toi-même. Ça ne peut pas tourner tout seul. Si tu veux changer d’équipe, pour un gamin qui n’a jamais été suivi que par elle, tu nages, tu perds du temps. »

Tu parles beaucoup de Bryan. Cette relation est née il y a longtemps ? C’est « grand frère/petit frère » ?

« Je l’appelle même « mon fils ». C’est comme mon petit frère, je le protège beaucoup. Je l’ai toujours suivi. Quand il avait été champion du monde l’omnium en J1, j’ai été à la réception de son maillot. Il avait mon poster dans sa chambre. Je lui ai « je ne m’en occupe pas pour le moment mais quand tu voudras revenir sur la route, je serai là ». J’ai toujours été là. Sa maman Sandrine sait que je suis toujours là. C’est une relation de grand frère, protecteur. J’ai beaucoup d’affection pour lui et ses proches. Sa maman a toujours été protectrice, à s’occuper des gamins de Pontchâteau, tirer des bouts pour lui. Quand tu connais l’histoire de Bryan, tu sais pourquoi c’est un champion et tu sais comment il peut encore progresser. C’est un diamant brut. Il ferait une compét de BMX, il gagnerait pareil. »

Article réalisé par Vivien Leroux

 

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« On ne peut pas suivre si on est seul »

Xavier Pérez, 41 ans et employé au vélodrome d’Hyères, fait partie des entraîneurs engagés auprès de l’académie. Adepte d’un enseignement pluridisciplinaire, il apprécie le partage des connaissances proposé par l’association.

Comment avez-vous commencé à collaborer à l’académie ?

« Il y a un an et demi, j’ai suivi la formation au CREPS de Poitiers, où j’ai connu Fabien (Aoustin). Je connaissais aussi Patrice (Cossard) en tant qu’entraîneur. On se côtoyait et on s’est retrouvé à Poitiers. »

Comment a débuté votre histoire avec le cyclisme?

« J’ai été coureur jusqu’en élite. J’ai commencé en Normandie car j’ai beaucoup bougé  étant jeune, au gré des mutations de mon père, qui était pompier. J’ai commencé à aimer le vélo en voyant le Tour de France. Puis je suis venu dans le Var. J’ai été embauché au vélodrome de Hyères en 1994, en tant qu’homme polyvalent. Pour l’entretien, le bricolage, l’animation, etc. C’est une région sinistrée de cyclisme, mais ici, au vélodrome, on a eu l’équipe de France jusqu’aux Jeux de Londres. »

Vous avez côtoyé les pistards français. Vous êtes un entraîneur plus axé « piste » ?

« Je n’en ai jamais pratiqué en tant que coureur. Je n’avais pas le temps ni l’envie. Mais c’est vrai que voir toujours les pistards devant moi, ça m’a servi. Je me suis aperçu que la piste pouvait être un outil exceptionnel. J’aime l’approche pluridisciplinaire, avec aussi le BMX ou le triathlon. Je m’occupe d’ailleurs de l’équipe de France de triathlon. On récupère une multitude d’infos avec les autres disciplines, on peut faire des comparaisons, chercher d’autres techniques. En ce sens, le vélodrome est un gros atout. »

Vous entraînez dans quelles structures ?

« Je suis moniteur dans un club de VTT et j’ai monté une académie. J’apprends aux autres à faire du vélo, tous types de vélo. »

Quel est l’intérêt pour vous à travaille avec l’ACE ?

« Fabien m’a permis de me remettre en question par sa planification, son approche. Je le trouve un peu révolutionnaire et surtout, il communique beaucoup. Et plus on communique, plus on reçoit d’infos, alors que dans le monde du vélo, chacun a tendance à rester cloisonné. Le cyclisme évolue tellement qu’il y a continuellement des choses à savoir. On ne peut pas suivre si on est seul. »

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Propos recueillis par Vivien Leroux 

ça va bien en ce moment…

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Iris la semaine dernière au Challenge Régional Pays de la Loire

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Et Yohann encore aujourd’hui en départemental.

Félicitations à tous les deux.
Bon continuation à tous pour la suite ! 

L’association sur la plus haute marche du podium

L'association sur la plus haute marche du podium

L’Académie du Cyclisme et de l’Entraînement n’a pas les mêmes vocations que les autres clubs cyclistes. Notre objectif est de réunir des personnes passionnées par l’entraînement et par le cyclisme dans un but de former des entraîneurs et des coureurs.
C’est pour ces raisons que nos adhérents nous rejoignent.
Entraîné par Fabien AOUSTIN il y a quelques années, Yohann GUIHENEUF a rejoint l’association car il partage ces valeurs. Aujourd’hui étudiant, Yohann, n’a plus le temps de s’entraîner, mais profite de « l’après partiel » pour faire quelques courses.
Et apparemment, il n’a pas perdu ses capacités physiques !
FÉLICITATIONS !

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